L’événement s’est tenu en exécution des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces armées royales. Il a réuni des représentants des États membres, associés et observateurs de la Commission hydrographique de l’Atlantique oriental (CHAtO/EAtHC), le directeur de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) John Nyberg, ainsi que des experts de SHOM, UKHO et d’autres acteurs techniques.
La norme S-100
La norme S-100 constitue le modèle universel de données hydrographiques de l’OHI. Elle succède à la norme S-57, en vigueur depuis 1992 pour les cartes électroniques de navigation (ENC). Là où S-57 proposait essentiellement une carte statique, S-100 permet d’intégrer plusieurs couches de données interopérables. On y trouve notamment les cartes électroniques de nouvelle génération (S-101), les surfaces bathymétriques haute résolution (S-102), les informations de niveaux d’eau (S-104), les courants de surface (S-111), les avertissements de navigation (S-124) ou encore le catalogue des produits nautiques (S-128).
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Ces produits peuvent se combiner dans un même système et s’actualiser de manière plus dynamique. Pour un navigateur, cela se traduit par une meilleure conscience de la situation, notamment dans les approches portuaires, les chenaux à fort courant ou les zones peu profondes. Pour les autorités, cela ouvre des perspectives en matière de gestion du trafic, de dragage ou de prévention des risques liés aux variations de niveaux d’eau.
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Les spécifications de phase 1 sont entrées en vigueur en janvier 2026. Les systèmes ECDIS compatibles S-100 peuvent être installés depuis le 1er janvier 2026. À partir du 1er janvier 2029, toute nouvelle installation ou remplacement d’ECDIS devra respecter les normes de performance de l’Organisation maritime internationale (résolution MSC.530(106)). Les systèmes existants conformes à S-57 ne sont pas soumis à une obligation immédiate de remplacement. Une période de coexistence (dual-fuel) est prévue.
Un calendrier et des priorités régionales
- Spécifications de phase 1 opérationnelles depuis janvier 2026 (S-101, S-102, S-104, S-111, S-124, S-128, S-129 notamment).
- Installation d’ECDIS S-100 autorisée depuis le 1er janvier 2026.
- Obligation pour les nouvelles installations d’ECDIS à partir du 1er janvier 2029.
- Centre d’infrastructure de l’OHI à Busan dont l’ouverture est prévue en novembre 2026.
- Maroc ayant assuré la présidence de la CHAtO jusqu’à la conférence d’Abidjan en juillet 2026, avant passation à l’Espagne.
Le séminaire a précisément porté sur les mécanismes de cette transition. Les participants ont examiné la chaîne complète, du levé à la production de produits, les exigences de validation, la protection et la distribution des données, ainsi que le renforcement des capacités humaines et institutionnelles. John Nyberg a encouragé chaque service hydrographique à repartir avec un plan de production clair, en choisissant un point de départ réaliste plutôt que d’attendre une couverture exhaustive.
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Le Maroc a présenté son approche d’ensemble, impliquant notamment la DHOC pour la conversion des données, d’autres directions pour les données liées aux aides à la navigation ou à l’environnement maritime. Des présentations nationales ont également été faites par le Nigeria, la France et l’Espagne. Des intervenants congolais ont souligné l’intérêt de ces normes pour la gestion des eaux continentales et maritimes, dans un pays situé au cœur du bassin du Congo et disposant d’une façade atlantique.
Les enjeux stratégiques dans l’espace atlantique africain
Ce séminaire s’inscrit dans une dynamique plus large. Le Maroc a progressivement consolidé ses capacités hydrographiques. En avril 2025, un accord avec la France a transféré à la Marine royale la responsabilité de la production et de la diffusion des cartes marines des eaux sous juridiction marocaine, après plusieurs années d’accompagnement par le SHOM. Le bâtiment hydro-océanographique Dar al Beida, livré en 2018, constitue l’un des outils matériels de cette autonomie.
Sur le plan régional, le Royaume a présidé la CHAtO pendant deux ans et organisé plusieurs rencontres à Casablanca, dont la 18e conférence en mai 2024 et un séminaire de coopération en octobre 2025. Le ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale, Abdeltif Loudiyi, a rappelé à l’ouverture que cet engagement s’inscrit dans la vision royale visant à faire de l’espace africain atlantique une zone de paix, de stabilité et de prospérité partagée.
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Pour les pays de la façade ouest-africaine, les disparités de capacités restent importantes. Certains services disposent déjà de moyens de production avancés. D’autres doivent encore structurer leur organisation, former du personnel et acquérir des équipements. La coopération régionale, l’appui de l’OHI, les portails de formation comme celui de PRIMAR et les échanges avec des partenaires européens ou nordiques constituent des leviers concrets. La sécurité de la navigation ne se limite pas aux intérêts nationaux. Elle conditionne les échanges commerciaux, la sécurité des approvisionnements énergétiques, la gestion des pêches et la résilience face aux risques climatiques ou d’inondation.
Dans un contexte où les volumes de trafic maritime restent élevés sur les routes atlantiques et où les projets d’infrastructures portuaires se multiplient, la qualité des données hydrographiques influence directement les coûts d’exploitation, les risques d’échouage et les capacités de réponse des États.
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Pour aller plus loin…
Le séminaire de Casablanca a surtout permis d’aligner les compréhensions techniques, d’identifier les priorités de production et de renforcer les liens entre services hydrographiques de la région. La réussite de la transition vers S-100 dépendra moins de l’existence des normes que de la capacité des États à les mettre en œuvre de manière progressive et coordonnée.
Les systèmes S-100 apporteront des gains mesurables en précision et en interopérabilité. Ils ne résoudront pas à eux seuls les défis de couverture hydrographique dans certaines zones peu levées, ni les questions de financement ou de gouvernance des données. La coexistence avec S-57 se poursuivra pendant plusieurs années. Les premiers systèmes ECDIS type-approuvés S-100 ne sont d’ailleurs pas encore largement disponibles sur le marché.
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Le rôle de pays comme le Maroc, qui disposent désormais de capacités autonomes et qui investissent dans la formation régionale, sera déterminant pour accompagner les États dont les moyens sont plus limités. La question n’est plus de savoir si la norme S-100 s’imposera. Elle est déjà opérationnelle. La question est de savoir à quel rythme et avec quel degré d’équité cette transition se fera sur la façade atlantique.
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FAQ
Qu’est-ce que la norme S-100 exactement ?
C’est le modèle universel de données hydrographiques de l’OHI. Elle permet de produire et d’échanger des données numériques interopérables (cartes, bathymétrie, courants, niveaux d’eau, etc.) qui dépassent la simple carte électronique statique de la norme S-57.
Quand la norme S-100 devient-elle obligatoire ?
Les systèmes ECDIS S-100 sont autorisés depuis le 1er janvier 2026. À partir du 1er janvier 2029, toute nouvelle installation d’ECDIS devra être compatible. Les systèmes déjà en service ne sont pas soumis à un remplacement obligatoire à cette date.
Quel est le lien entre ce séminaire et la sécurité maritime ?
Des données plus précises et actualisées réduisent les risques de navigation, améliorent la gestion des approches portuaires et permettent une meilleure prise en compte des conditions dynamiques (courants, niveaux d’eau). C’est un élément direct de sécurité et d’efficacité des opérations.
Pourquoi le Maroc accueille-t-il cet événement ?
Le Royaume a développé des capacités hydrographiques autonomes, présidé la Commission hydrographique de l’Atlantique oriental et positionne la coopération atlantique africaine comme un axe de sa politique maritime, conformément aux orientations royales.