Depuis le 28 février 2026, date du début des opérations américaines contre l’Iran, 81 avions, hélicoptères et drones des États-Unis ont été perdus ou endommagés.
- 81 aéronefs américains ont été perdus ou endommagés depuis le 28 février 2026, selon le CRS.
- Tous ne sont pas détruits : certains appareils touchés ont été remis en service.
- Les drones pèsent le plus : 45 MQ-9 Reaper au moins, selon des responsables américains.
- Six membres d’équipage sont morts dans le crash d’un KC-135 en Irak, le 12 mars.
- Le CBO chiffre le remplacement des équipements perdus entre 1,9 et 3,3 milliards de dollars.
Ce décompte figure dans la mise à jour du 5 octobre du Service de recherche du Congrès (CRS), l’organisme d’analyse non partisan rattaché au Congrès américain. Sa version de mai en recensait 42.
J’ai relu le rapport lui-même, et c’est lui qui impose la prudence. Ces 81 appareils ne sont pas tous détruits. Le Pentagone n’a pas non plus publié de liste complète, et le CRS a reconstitué son décompte à partir de déclarations officielles, d’un rapport de l’inspecteur général et d’articles de presse. Je vous propose de voir ce que ce chiffre dit, ce qu’il ne dit pas, et pourquoi il compte.

Ce que contient réellement ce décompte
Le rapport parle d’aéronefs signalés comme perdus ou endommagés depuis le 28 février. Cette catégorie mêle des situations très différentes : des appareils abattus ou écrasés, des appareils touchés au sol lors de frappes sur des bases, des tirs amis, des accidents, et des appareils détruits volontairement par les forces américaines lors d’opérations de sauvetage. Le CRS précise que certains appareils endommagés ont pu retourner en service.
Le chiffre est aussi provisoire. Le CRS indique qu’il peut être révisé en raison de la classification de certaines informations, des combats en cours et de la détermination des responsabilités. Le contexte reste mouvant : les États-Unis ont lancé ces opérations en coordination avec Israël, le rythme des combats a baissé après un cessez-le-feu en avril, puis certaines frappes ont repris quelques semaines plus tard.
Voici la répartition publiée, que je reprends en un seul bloc :
- MQ-9 Reaper (drone) : 45
- F-15E Strike Eagle (chasseur-bombardier) : 12
- KC-135 Stratotanker (ravitailleur) : 7
- AH-6 Little Bird (hélicoptère léger d’attaque) : 4
- MQ-1 (drone) : 3
- A-10 Thunderbolt II (appui au sol) : 2
- MC-130J Commando II (forces spéciales) : 2
- Un exemplaire chacun : F-35A, E-3 Sentry (avion radar), MQ-4C Triton (drone), AH-64 Apache, HH-60W Jolly Green II (sauvetage au combat), MH-60 Sea Hawk
- Total : 81
En additionnant les lignes, j’obtiens 49 drones, 25 avions pilotés et 7 hélicoptères. Les drones représentent donc environ 60 % du total. C’est un calcul de ma part à partir de la liste du CRS, et non un chiffre publié par le rapport.
Les drones, premier poste de pertes
Les 45 MQ-9 Reaper forment la première catégorie. Ce chiffre ne vient pas d’un bilan officiel. Le CRS le tire d’un article du Washington Post du 13 août, qui citait trois responsables américains évoquant au moins 45 appareils perdus. Je le lis donc comme un minimum, attribué à des sources officielles anonymes, et non comme un décompte validé par le département de la Défense.
Le Reaper assure des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi que des frappes. Chaque appareil perdu réduit donc la capacité à observer une zone en continu. Le recours massif à ces drones dans un espace aérien disputé pose une question simple : jusqu’où peut-on les exposer sans épuiser le parc ? Un drone coûte moins cher qu’un avion de combat et ne met aucun équipage en danger, mais ses pertes s’accumulent vite.
Il faut ajouter trois MQ-1, dont l’un a été abattu par l’Iran selon CENTCOM à la fin mai, et un MQ-4C Triton de la marine. Ce dernier s’est écrasé lors d’un accident, d’après un document de l’US Navy rapporté par la presse. Tous les drones de la liste ne sont donc pas tombés sous le feu iranien.
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Les F-15E, entre tirs amis, combats et base jordanienne
Les 12 F-15E se décomposent en trois groupes. Trois appareils ont été détruits par des tirs amis au-dessus du Koweït le 2 mars, et leurs pilotes ont survécu. Un autre a été détruit au-dessus de l’Iran début avril, et CENTCOM a fait état du sauvetage de son équipage. Enfin, huit appareils ont subi des dommages légers lors d’une frappe iranienne sur la base de Muwaffaq Salti, en Jordanie, les 9 et 10 septembre, selon plusieurs médias. Ils ont été remis en service.
Parler de 12 chasseurs perdus serait donc inexact : quatre ont été détruits et huit ont été touchés puis réparés. Cette distinction compte, car un F-15E endommagé demande de la maintenance, des pièces et des équipages formés, mais il revient dans la flotte.
Le même type de nuance vaut pour les autres chasseurs. Un F-35A a été touché par des tirs depuis le sol au-dessus de l’Iran en mars. Parmi les deux A-10, l’un a été touché par des tirs ennemis et s’est écrasé, d’après le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées. L’autre a été sévèrement endommagé lors de la même attaque en Jordanie.
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Ravitailleurs et avion radar, la logistique exposée
La ligne la plus lourde sur le plan humain concerne les KC-135. Le 12 mars, deux ravitailleurs ont été impliqués dans un incident. L’un s’est écrasé en Irak, et ses six membres d’équipage sont morts, selon CENTCOM. L’autre a effectué un atterrissage d’urgence. Deux jours plus tard, cinq autres KC-135 ont été endommagés au sol lors d’une attaque iranienne contre la base Prince Sultan, en Arabie saoudite.
Je précise ici le rôle de l’Irak : il apparaît comme lieu du crash et non comme belligérant. Ce drame est le seul bilan humain de la liste du CRS, et il ne résume évidemment pas les pertes humaines du conflit.
Le même site saoudien est lié à la perte de l’E-3 Sentry, un avion de détection et de commandement aérien. Il a été endommagé le 28 mars, et un article de septembre évoque un impact direct. Le CRS relève, d’après des informations ultérieures, qu’il se trouvait sur une voie de circulation non protégée.
Ces appareils ne frappent pas, mais ils rendent les frappes possibles. Les ravitailleurs étendent le rayon d’action des chasseurs, et l’E-3 assure la surveillance de l’espace aérien. Le CRS s’inquiète particulièrement de la perte de plateformes vieillissantes et disponibles en petit nombre, comme l’E-3.
Les opérations de sauvetage et les hélicoptères
Une partie des pertes vient directement du sauvetage de l’équipage du F-15E abattu début avril. Selon la presse, deux MC-130J engagés dans les recherches ont été détruits volontairement au sol, en Iran, après avoir été incapables de repartir. Le général Caine a aussi indiqué qu’un HH-60W avait été endommagé pendant ces opérations.
D’après le rapport de l’inspecteur général publié le 14 septembre, qui couvre la période d’avril à juin, quatre AH-6 ont été détruits par les forces américaines lors d’opérations de sauvetage. Un AH-64 Apache a été abattu au-dessus du détroit d’Ormuz, et un MH-60 s’est écrasé en mer d’Arabie.
Pourquoi le total est passé de 42 à 81
Cette hausse ne signifie pas que 39 appareils ont été perdus entre les deux versions. Le CRS a élargi ses sources. Il intègre désormais le rapport de l’inspecteur général de septembre, des articles de presse postérieurs à mai, comme celui sur les MQ-9, et des événements récents, dont la frappe de septembre en Jordanie.
La hausse reflète donc à la fois de nouveaux incidents et une meilleure connaissance d’anciens. Le rapport ne dit pas dans quelle proportion, et je ne m’avancerai pas.
Une facture difficile à établir
En septembre, le Bureau du budget du Congrès (CBO) a estimé que remplacer les équipements perdus au 1er août pourrait coûter entre 1,9 et 3,3 milliards de dollars, selon les choix du Pentagone. Cette fourchette porte sur l’ensemble des équipements perdus, pas seulement sur les aéronefs. Elle ne peut donc pas se lire comme le prix des 81 appareils.
Le coût réel dépasse aussi l’achat de remplaçants : il faut réparer les appareils endommagés, fournir des pièces, et s’assurer que les chaînes de production suivent. Le CRS note que ces capacités industrielles font partie des questions que le Congrès pourrait examiner.
Les questions que le Congrès pourrait se poser
Le rapport ne tranche pas, mais il liste cinq points d’attention pour les parlementaires :
- l’accès à l’information, c’est-à-dire savoir si le Congrès dispose de données suffisantes pour évaluer les pertes ;
- l’impact budgétaire des remplacements ;
- la suffisance des forces, notamment pour les plateformes rares comme l’E-3 ;
- la capacité industrielle à remplacer les appareils dans les délais voulus ;
- le risque opérationnel, avec la possibilité que ces pertes traduisent une évolution de la menace.
Le dernier point est le plus stratégique. Il invite à se demander si les tactiques, les équipements et le positionnement des bases doivent être revus, alors que plusieurs pertes ont eu lieu au sol, sur des bases alliées.
Un bilan encore ouvert
Ces 81 appareils donnent une image plus complète du coût aérien de la guerre, sans en fixer le bilan définitif. Le chiffre dépend de sources en partie journalistiques, de données classifiées et d’un conflit qui n’est pas terminé. Il peut donc encore bouger, dans un sens comme dans l’autre.
Reste une question que ce décompte ne tranche pas : ces pertes sont-elles le prix d’une campagne intense aujourd’hui en pause, ou le signe d’un rapport de forces durablement plus coûteux pour l’aviation américaine ? Les prochaines mises à jour du CRS, et surtout un éventuel décompte officiel du Pentagone, aideront à y répondre.
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FAQ
Combien d’aéronefs américains ont été perdus ou endommagés depuis février ?
Selon le CRS, 81 avions, hélicoptères et drones depuis le 28 février 2026, d’après la mise à jour du 5 octobre.
Les 81 appareils ont-ils tous été détruits ?
Non. Le chiffre inclut des appareils endommagés, dont certains ont été remis en service, comme huit F-15E touchés en Jordanie.
Quel appareil a subi le plus de pertes ?
Le drone MQ-9 Reaper, avec au moins 45 exemplaires selon des responsables américains cités par le Washington Post. Viennent ensuite les F-15E, au nombre de 12.
Des militaires sont-ils morts dans ces incidents ?
Le rapport mentionne la mort de six membres d’équipage dans le crash d’un KC-135 en Irak, le 12 mars.