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Le « Conseil de la paix » de Trump signe-t-il la fin de l’ONU ?

Le "Conseil de la paix" de Trump menace-t-il vraiment l'ONU ? Qui a signé, qui a refusé et ce que cela change pour l'ordre mondial. Décryptage complet.

Hafid D.
Dernière mise à jour : 5 mars 2026 17h08
Hafid D.
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Le « Conseil de la paix » de Trump signe-t-il la fin de l'ONU ?
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Depuis janvier 2026, une nouvelle organisation internationale fait trembler les couloirs diplomatiques du monde entier. Le “Conseil de la paix” voulu par Donald Trump divise, inquiète, et pose une question que beaucoup n’osaient pas formuler à voix haute : l’ONU est-elle en train de vivre ses dernières heures de gloire ?

Sommaire
  • Une naissance qui n’est pas passée inaperçue
  • Davos, le milliard de dollars et la charte qui fait grincer des dents
  • Qui a signé, qui a refusé
  • L’ONU face au plus grand défi de son histoire
  • Ce que tout cela dit de notre époque
  • FAQ — Le Conseil de la paix et l’ONU, ce qu’il faut savoir

Une naissance qui n’est pas passée inaperçue

Proposé par Donald Trump à l’automne 2025, le Conseil de la paix — ou Board of Peace en anglais — a officiellement vu le jour le 15 janvier 2026. En quelques semaines seulement, cette jeune organisation a réussi quelque chose d’assez remarquable : faire parler d’elle dans chaque chancellerie de la planète, provoquer des fractures diplomatiques profondes, et relancer le débat sur l’avenir du multilatéralisme tel qu’on le connaissait depuis 1945. 🌍

Sa mission affichée ? “Promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime, et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit.” Une formulation qui ressemble, de prime abord, à celle de n’importe quelle institution onusienne. Sauf que derrière ces mots soignés se cache une architecture très différente, pensée par un seul homme, pour servir une vision très particulière de l’ordre mondial.

Trump lui-même n’a pas mâché ses mots lors de son discours d’investiture : les Nations unies ne l’ont “jamais aidé”, a-t-il lancé, affirmant que son conseil “pourrait remplacer l’ONU”. Difficile d’être plus direct. Et le message a été reçu cinq sur cinq par toutes les capitales du monde.

Davos, le milliard de dollars et la charte qui fait grincer des dents

La signature fondatrice qui a tout changé

C’est au Forum économique mondial de Davos, le 22 janvier 2026, que la charte fondatrice du Conseil de la paix a été signée par une vingtaine de pays, sur la soixantaine invités. Une scène qui a quelque chose de très symbolique : dans cette station de ski suisse où se retrouve chaque année l’élite mondiale, Trump a officialisé ce qui ressemble de plus en plus à un ordre mondial parallèle.

La charte elle-même ne passe pas inaperçue. Son préambule critique implicitement les Nations unies, affirmant que la nouvelle organisation devra avoir “le courage de s’écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué”. Le ton est posé. Pas de demi-mesure, pas de diplomatie de façade. Pour les observateurs les plus avertis, ce texte fondateur ressemble moins à une déclaration de paix qu’à une déclaration de guerre contre le multilatéralisme classique.

Un milliard pour s’asseoir à la table

Ce qui a peut-être le plus choqué les observateurs internationaux, c’est le modèle financier retenu. Tout pays souhaitant obtenir un siège permanent devra débourser la somme colossale d’un milliard de dollars. Pour beaucoup d’analystes, c’est là la preuve que le Conseil de la paix n’est pas une institution diplomatique ordinaire, mais un club de riches où l’accès se monnaye sans détour. 🔥

The Guardian a d’ailleurs résumé l’affaire avec une formule assassine, qualifiant l’initiative de “club privé dominé par Trump, une version mondiale de sa cour de Mar-a-Lago visant à supplanter l’ONU elle-même”. Une formulation aussi percutante que révélatrice du malaise ressenti par une bonne partie de la communauté internationale. Les responsables allemands, eux, ont qualifié ce comité de “contre-projet” à l’ONU, s’étonnant qu’il propose la création d’une organisation internationale permanente chargée de régler des conflits mondiaux bien au-delà de la seule question de Gaza — bande de Gaza qui, ironie du sort, n’est mentionnée nulle part dans la charte finale.

Qui a signé, qui a refusé

Les pays qui ont dit oui

Les premiers signataires de la charte constituent un groupe géographiquement et politiquement hétérogène. Le Maroc, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, le Pakistan, le Qatar et les Émirats arabes unis figurent parmi les nations qui ont salué la création du conseil fin janvier 2026, certains en soulignant qu’il devrait s’agir d’une “administration transitoire” pour Gaza — une façon de s’engager à demi-mot, sans trop froisser l’ONU.

Voici ce que l’on sait des membres et participants à ce stade :

  • 🖊️ Une vingtaine de pays ont signé la charte à Davos le 22 janvier 2026
  • 🇸🇦 L’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, l’Égypte ont officiellement salué l’initiative
  • 🇲🇦 Le Maroc et la Turquie figurent parmi les premiers signataires
  • 🇻🇳 Le Vietnam devrait participer à la réunion inaugurale, en plein rapprochement commercial avec Washington
  • 💵 5 milliards de dollars d’engagements attendus pour la reconstruction de Gaza
  • 🏛️ Nikolaï Mladenov, ex-diplomate onusien bulgare, nommé Haut Représentant pour Gaza au sein du Conseil

L’Europe dit non, et le dit fort

Du côté européen, la réponse a été sans ambiguïté pour la plupart des grandes puissances. La France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait “pas de suite favorable”, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot soulignant l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU. L’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation.

Le Royaume-Uni, allié traditionnel des États-Unis et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a lui aussi tourné le dos à l’initiative. Macron et Lula ont appelé conjointement à renforcer l’ONU, ce dernier déplorant que “la Charte de l’ONU soit en train d’être déchirée”. Des mots forts, qui traduisent une inquiétude profonde partagée par de nombreux dirigeants mondiaux. ✨

L’ONU face au plus grand défi de son histoire

Une institution déjà fragilisée

Il serait réducteur de présenter le Conseil de la paix comme la seule menace pesant sur l’ONU. La vérité, c’est que l’organisation fondée en 1945 à San Francisco accumule les critiques depuis des décennies. Son Conseil de sécurité est régulièrement paralysé par les veto croisés des grandes puissances. Ses opérations de maintien de la paix affichent des résultats mitigés, de la RDC au Mali en passant par Haïti.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a été encore plus loin lors de la conférence de Munich sur la sécurité en février 2026, estimant que l’ONU n’avait joué “pratiquement aucun rôle” dans la résolution des conflits récents et appelant à une réforme profonde des institutions mondiales. Ce n’est pas une critique isolée : depuis plusieurs années, le “Sud global” s’interroge lui aussi sur une organisation qu’il juge trop dominée par les grandes puissances occidentales et leurs intérêts.

Peut-on vraiment remplacer l’ONU ?

La question mérite d’être posée sérieusement. L’ONU, c’est 193 États membres, des dizaines d’agences spécialisées — OMS, FAO, UNICEF, UNESCO — des milliers de Casques bleus déployés dans des zones de conflit, et une légitimité internationale construite sur 80 ans d’histoire commune. La remplacer du jour au lendemain par une organisation dont la composition est décidée par un seul président et dont les membres payants se comptent sur les doigts des deux mains, c’est une toute autre affaire.

Selon plusieurs experts en droit international, Trump chercherait à faire de cette organisation une alternative directe au Conseil de sécurité des Nations unies, dans laquelle lui seul disposerait d’un droit de veto informel. Ce point est crucial : c’est moins la paix mondiale qui semble être l’objectif premier que la concentration du pouvoir décisionnel entre les mains d’une poignée d’alliés. Le Sydney Morning Herald n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier publiquement le projet de “narcissique” — un mot rare dans le vocabulaire diplomatique.

Ce que beaucoup craignent désormais, c’est un scénario à deux vitesses : d’un côté une ONU progressivement affaiblie, vidée de son substrat politique, condamnée à gérer des crises humanitaires en marge du vrai pouvoir. De l’autre, un Conseil de la paix où les décisions géopolitiques majeures se prendraient entre alliés de Trump, sur fond de chèques à neuf chiffres. Un monde où la paix, littéralement, s’achète.

Ce que tout cela dit de notre époque

L’émergence du Conseil de la paix n’est pas un accident de l’histoire. Elle est le symptôme d’une époque où le multilatéralisme est en crise, où les grandes puissances préfèrent les alliances de circonstance aux règles collectives, et où la diplomatie ressemble parfois davantage à une négociation commerciale qu’à une quête sincère de justice internationale.

Trump a lui-même vanté sur Truth Social le “potentiel sans limite” de cette nouvelle instance, avec l’ambition affichée de transformer Gaza en un Dubaï ou un Doha méditerranéen grâce aux 70 milliards de dollars de projets validés par son Conseil. Qu’on y croie ou non, le projet est colossal. Et il se déroule délibérément en dehors de l’ONU, volontairement, ostensiblement, comme pour mieux souligner l’obsolescence présumée de l’institution genevoise. 🌍

La vraie question n’est peut-être pas “l’ONU va-t-elle mourir ?” mais plutôt “quelle ONU restera-t-il dans dix ans ?” Une organisation marginalisée, réduite à un rôle symbolique et humanitaire ? Ou une institution qui aura su se réformer pour regagner sa crédibilité auprès des États qui doutent d’elle ? La réponse appartient aux 193 États membres. Et leur silence, pour beaucoup d’entre eux face à Davos, est déjà une forme de réponse.

FAQ — Le Conseil de la paix et l’ONU, ce qu’il faut savoir

Qu’est-ce que le Conseil de la paix créé par Trump ?

C’est une organisation internationale lancée officiellement le 15 janvier 2026 à l’initiative de Donald Trump, présentée comme un outil de promotion de la paix dans les zones de conflit. Perçue par de nombreux experts comme une structure de pouvoir alternative dominée par Washington, elle est ouvertement présentée par son fondateur comme pouvant “remplacer l’ONU”.

Combien de pays ont rejoint le Conseil de la paix à ce jour ?

Environ une vingtaine de pays ont signé la charte fondatrice à Davos le 22 janvier 2026, sur une soixantaine d’États invités. Plusieurs nations du Moyen-Orient ont exprimé leur soutien, tandis que la plupart des grandes démocraties européennes ont refusé d’y adhérer.

L’ONU risque-t-elle vraiment de disparaître à cause du Conseil de la paix ?

Une disparition immédiate n’est pas à l’ordre du jour, mais une marginalisation progressive est une hypothèse que les experts prennent au sérieux. L’ONU reste une organisation de 193 membres avec une légitimité historique unique, mais son autorité politique est de plus en plus contestée par les grandes puissances qui la contournent au profit d’alliances bilatérales ou de structures parallèles.

Pourquoi l’Europe a-t-elle refusé de rejoindre le Conseil de la paix ?

Principalement parce que la charte fondatrice critique implicitement l’ONU, que l’organisation concentre un pouvoir excessif entre les mains du président américain, et qu’un siège permanent coûte un milliard de dollars — un modèle jugé fondamentalement incompatible avec les valeurs du multilatéralisme et du droit international défendus par les démocraties européennes.

 

ÉTIQUETTES :alternative ONUBoard of Peacecharte Davos 2026Conseil de la paixdiplomatie internationalemultilatéralismeordre mondialTrump ONU
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ParHafid D.
Passionné par les mouvements tectoniques qui façonnent notre monde, je consacre mes travaux à l'analyse des dynamiques géopolitiques contemporaines. En tant qu'auteur marocain, mon regard se porte naturellement sur la position stratégique du Royaume, ce carrefour unique entre l'Afrique, l'Europe et le monde arabe.
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