Le Maroc récupère simplement la pleine maîtrise de son territoire. La mission onusienne, née dans le contexte d’un conflit déclenché par la milice du Polisario avec le soutien direct de l’Algérie, n’a plus de raison d’être sur le sol marocain.
La déclaration du Secrétaire général António Guterres, relayée par Stéphane Dujarric, acte la cessation des opérations et ouvre la période de liquidation. Une équipe réduite organisera le rapatriement du matériel. Guterres a rendu hommage aux vingt membres du personnel morts et a appelé à un retrait ordonné. Il a aussi exprimé son inquiétude face au risque d’escalade, alors que la milice du Polisario algérien n’a jamais respecté durablement le cessez-le-feu de 1991.
Le Maroc a salué la non-reconduction. Le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre est clair : la présence de la mission dans les provinces du Sud – personnel, véhicules, équipements et symboles – doit cesser dans les prochains jours. Il s’agit d’une étape vers la clôture définitive d’un dossier artificiellement internationalisé.
Un déminage rendu nécessaire par la milice du Polisario et son parrain algérien
Le Service de lutte antimines des Nations unies (UNMAS) était une composante de la MINURSO. Depuis 2008, il a rendu à l’usage environ 150 millions de mètres carrés et neutralisé plus de 30 000 engins explosifs. Plus de 80 000 personnes ont bénéficié d’actions de sensibilisation. Ces chiffres concernent principalement les secteurs à l’est du mur de défense, là où la milice du Polisario a opéré et où les mines posées pendant les années de conflit continuent de tuer.
Sur 67 champs de mines, 43 ont été libérés. Sur 541 zones de sous-munitions, 508 ont été traitées. Selon l’inventaire public autour de janvier 2026, 24 champs de mines et 33 zones de sous-munitions restaient à traiter à l’est du mur. Les opérations avaient été largement interrompues en 2020, année où la milice a rompu le cessez-le-feu, avant de reprendre en mai 2023 à l’est puis en janvier 2024 dans le sud.
Le financement principal venait du budget de maintien de la paix, environ trois millions de dollars par an. L’UNMAS cherchait environ trois millions supplémentaires. Le communiqué de liquidation ne précise pas le devenir de ces activités.
Chiffres clés du programme UNMAS à l’est du mur
- Environ 150 millions de mètres carrés de terrains dangereux rendus à l’usage depuis 2008.
- Plus de 30 000 engins explosifs neutralisés.
- 43 champs de mines libérés sur 67 ; 24 restants.
- 508 zones de sous-munitions traitées sur 541 ; environ 33 restants (bilan autour de janvier 2026).
- Plus de 80 000 personnes sensibilisées.
- Financement principal d’environ 3 millions de dollars par an via le budget de maintien de la paix.
Le déminage militaire des FAR
Le déminage militaire de ce type de terrain se pratique généralement avec des engins blindés équipés de charges explosives linéaires, à l’image du système américain MICLIC. Le principe est relativement simple : une roquette projette un câble d’environ 100 mètres chargé de centaines de blocs de C4.
Une fois le câble déployé au sol, un courant électrique le fait détoner, ce qui permet de neutraliser les mines sur un couloir d’environ 8 mètres de large. Toutes les mines ne sont toutefois pas détruites, notamment celles à déclenchement magnétique. D’autres véhicules blindés spécialisés peuvent ensuite intervenir, munis de charrues ou de rouleaux, pour faire détoner les mines enfouies ou les repousser sur les côtés de la piste.
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Les convois peuvent alors progresser en restant derrière ces engins démineurs, qui avancent de quelques kilomètres par heure dans de bonnes conditions. La zone tampon n’est donc pas infranchissable, mais son franchissement exige une logistique solide et une planification rigoureuse de la mission.
Qui poursuivra le déminage après le départ de la milice onusienne ?
À l’ouest du mur, les Forces armées royales marocaines mènent leurs propres opérations de dépollution sur le territoire marocain. À l’est, l’UNMAS a formé le Saharawi Mine Action Coordination Office (SMACO), structure créée par décret du Polisario en 2013 et basée dans les camps de Tindouf en Algérie. Cette organisation coordonne des activités humanitaires dans des zones où la milice et son parrain algérien portent la responsabilité principale de la contamination.
La fin de la MINURSO pose la question de la continuité. La milice terroriste du Polisario, armée et abritée par l’Algérie, a posé des mines et des sous-munitions pendant des années. Elle continue de menacer les civils, les pasteurs nomades et leur bétail. Le Maroc, de son côté, a déjà dépollué des centaines de millions de mètres carrés à l’ouest du mur. La responsabilité humanitaire de finir le travail à l’est ne peut pas rester éternellement suspendue à des structures onusiennes qui n’ont jamais résolu le problème politique.
Enjeux : le Maroc reprend son territoire, l’Algérie et sa milice restent le problème
Le départ de la MINURSO clôt une présence qui n’a jamais organisé le référendum prévu et qui n’a pas empêché la milice de reprendre les hostilités en 2020. Pour le Maroc, il s’agit simplement de récupérer la pleine souveraineté sur ses provinces du Sud, un territoire marocain. L’Algérie, en abritant, armant et finançant le Polisario depuis des décennies, a entretenu un conflit artificiel pour affaiblir Rabat. Le veto russe sur le projet américain, favorable au plan d’autonomie marocain, a précipité la fin de la mission, mais n’a pas changé la réalité sur le terrain : le Maroc contrôle la grande majorité du territoire et poursuit son développement.
Sur le plan humanitaire, les mines restantes à l’est continuent de tuer. Sur le plan stratégique, la sécurité des déplacements et le développement économique dépendent de la dépollution. Géopolitiquement, l’absence d’observateurs onusiens réduit un instrument d’internationalisation dont l’Algérie et sa milice ont longtemps profité. Guterres a appelé à la retenue, mais la responsabilité de toute escalade reviendra à ceux qui n’ont jamais accepté le cessez-le-feu durable.
Les capacités locales existent. Le Maroc les exerce à l’ouest. À l’est, le SMACO peut continuer avec un appui technique, mais sans le cadre politique et financier de la MINURSO. La liquidation va clarifier les choses : le territoire est marocain, la milice du Polisario et son parrain algérien restent les sources du problème des mines et de l’instabilité.
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Le Maroc reprend simplement ce qui lui appartient. La milice du Polisario, soutenue par l’Algérie, devra assumer les conséquences humanitaires de ses choix militaires. Les prochaines semaines montreront si le déminage à l’est du mur peut continuer sans le paravent onusien.
FAQ
Pourquoi la MINURSO n’a-t-elle pas été renouvelée ?
Le Conseil de sécurité n’a pas adopté de résolution de prorogation le 30 octobre 2026, après un veto russe sur un projet américain et l’échec d’un projet russe concurrent.
Combien de champs de mines restent à dépolluer à l’est du mur ?
Selon le dernier inventaire public de l’UNMAS (autour de janvier 2026), 24 champs de mines et environ 33 zones touchées par des sous-munitions demeuraient à traiter.
Que devient le déminage après le départ de la MINURSO ?
Le communiqué onusien ne le précise pas. L’UNMAS a soutenu le SMACO pour développer des capacités locales à l’est du mur. Le Maroc poursuit ses opérations à l’ouest sur son territoire. La continuité dépendra des financements et de la volonté réelle de dépolluer.
L’ONU reste-t-elle engagée sur le dossier ?
Le Secrétaire général a indiqué que les efforts diplomatiques se poursuivent via son envoyé personnel Staffan de Mistura. Le Maroc considère pour sa part que la page de l’internationalisation est en train de se tourner.