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Silicon Valley Maroc – le mag tech marocain > Blog > Energie > D’où proviennent les importations marocaines d’hydrocarbures ?
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D’où proviennent les importations marocaines d’hydrocarbures ?

Découvrez l'origine des importations marocaines d'hydrocarbures. Analyse des fournisseurs clés comme l'Espagne, les USA et la Russie dans un marché en tension.

Toufik - K.
Dernière mise à jour : 21 mars 2026 1h33
Toufik - K.
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D'où proviennent les importations marocaines d'hydrocarbures ?

Le secteur de l’énergie au Maroc traverse une période de mutations profondes, marquée par une volatilité sans précédent des cours mondiaux. Comprendre d’où proviennent les importations marocaines d’hydrocarbures est devenu une priorité pour saisir les enjeux de souveraineté nationale et l’impact direct sur le portefeuille des citoyens. Depuis la fermeture de la raffinerie de la SAMIR en 2015, le Royaume a radicalement modifié son modèle d’approvisionnement, passant de l’achat de pétrole brut à celui de produits déjà raffinés. Cette transition, bien que logistique au départ, place aujourd’hui le pays au cœur d’un échiquier géopolitique complexe où chaque tension au Moyen-Orient ou en Europe de l’Est résonne immédiatement dans les stations-service de Casablanca ou de Marrakech.

Sommaire
  • L’Espagne un partenaire incontournable pour les produits raffinés
  • Les pays du Golfe et la Russie piliers de l’approvisionnement énergétique
  • L’impact de la fermeture de la SAMIR sur le modèle actuel
  • La facture énergétique un défi pour les équilibres macroéconomiques
  • FAQ sur les importations d’énergie au Maroc

Dans ce contexte de transition énergétique et de tensions sur les chaînes logistiques, le Maroc doit jongler entre ses partenaires historiques et de nouvelles opportunités de marché. La dépendance aux importations reste quasi totale pour les combustibles fossiles, ce qui rend l’économie marocaine particulièrement sensible aux fluctuations du dollar et du prix du baril. Mais au-delà des chiffres bruts, c’est la provenance de ces ressources qui dessine la nouvelle carte de la sécurité énergétique du pays. Entre le gazoduc Maghreb-Europe fonctionnant en flux inversé et l’émergence de nouveaux fournisseurs de gaz butane, le Maroc diversifie ses sources pour éviter toute rupture de stock fatale à son industrie et à sa croissance.

L’Espagne un partenaire incontournable pour les produits raffinés

L’Espagne occupe une place prépondérante dans le mix énergétique marocain, représentant jusqu’à 21 % des importations de produits pétroliers. Ce chiffre peut surprendre puisque le voisin ibérique n’est ni un producteur de pétrole ni de gaz. Pourtant, l’Espagne dispose d’un outil industriel de raffinage extrêmement performant et de terminaux de regazéification parmi les plus importants d’Europe. Concrètement, l’Espagne achète du pétrole brut sur les marchés mondiaux, le transforme en gazoile ou en essence dans ses propres raffineries, puis réexporte ces produits finis vers le Maroc. Cette proximité géographique réduit les coûts de transport et permet une grande flexibilité dans les livraisons, faisant de la péninsule une véritable plateforme logistique pour le Royaume.

La relation gazière entre les deux pays a également connu un tournant historique avec l’utilisation du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) en flux inversé depuis 2021. Autrefois, ce tuyau acheminait le gaz algérien vers l’Espagne via le territoire marocain. Aujourd’hui, suite aux tensions diplomatiques régionales, c’est du gaz acheté par le Maroc sur les marchés internationaux qui est déchargé dans les ports espagnols, regazéifié, puis envoyé vers les centrales électriques de Tahaddart et Aïn Béni Mathar à travers ce même gazoduc. Ce schéma technique illustre parfaitement la capacité d’adaptation du Maroc face aux crises géopolitiques imprévues.

Cependant, cette dépendance vis-à-vis d’un seul partenaire de transit comporte des risques. Si l’Espagne devait faire face à une pénurie interne ou décidait de privilégier sa propre consommation domestique en cas de crise majeure, le Maroc pourrait se retrouver dans une situation délicate. C’est pour cette raison que les autorités marocaines continuent d’explorer d’autres pistes, tout en consolidant ce lien stratégique avec Madrid qui reste, pour l’heure, le pilier de la sécurité énergétique du nord du pays.

Les pays du Golfe et la Russie piliers de l’approvisionnement énergétique

Au-delà de la proximité espagnole, le Maroc maintient des liens historiques avec les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis. Ces pays ne fournissent pas seulement des ressources, ils sont des partenaires stratégiques de long terme. L’Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, joue un rôle régulateur. Malgré l’absence de raffinage local à grande échelle au Maroc, les produits pétroliers saoudiens arrivent sous forme raffinée ou via des accords de trading complexes. Un point intéressant à noter est l’évolution des infrastructures saoudiennes, comme le port de Yanbu sur la côte ouest, qui permet d’exporter des produits via la Mer Rouge, évitant ainsi le détroit d’Ormuz, souvent zone de fortes tensions.

La Russie s’est également imposée comme un acteur majeur du marché marocain, particulièrement pour le gazoile. Malgré le contexte international tendu, le Maroc continue de s’approvisionner auprès de Moscou pour stabiliser ses stocks. Le pétrole russe, souvent proposé à des tarifs compétitifs sur certains segments, permet de limiter l’explosion de la facture énergétique nationale. Cette diversification est essentielle car elle offre au Maroc une marge de manœuvre lors des négociations commerciales, évitant de se retrouver prisonnier d’un fournisseur unique qui pourrait imposer ses prix ou ses conditions de livraison.

Liste des principaux fournisseurs et produits importés

  • Espagne : Leader pour le gazoile et l’essence raffinés (21 % de parts de marché).

  • États-Unis : Premier fournisseur de gaz butane, essentiel pour les foyers marocains.

  • Russie : Importateur clé de produits distillés et de gazoile à prix compétitifs.

  • Arabie Saoudite : Partenaire historique pour les produits pétroliers divers.

  • Émirats Arabes Unis : Fournisseur stratégique de produits pétrochimiques.

Cette répartition montre que le Maroc ne mise pas sur un seul cheval. En multipliant les sources, le Royaume tente de diluer le risque géopolitique. Par exemple, si le gaz butane vient majoritairement des États-Unis, cela protège le pays d’une éventuelle crise en Europe ou au Moyen-Orient concernant cette ressource précise, indispensable à la cuisson et au chauffage de millions de familles marocaines.

L’impact de la fermeture de la SAMIR sur le modèle actuel

On ne peut pas parler des importations marocaines d’hydrocarbures sans évoquer la blessure béante que représente la fermeture de la raffinerie de la SAMIR à Mohammedia en 2015. Avant cette date, le Maroc importait majoritairement du pétrole brut qu’il transformait lui-même sur son sol. Cette capacité industrielle offrait une certaine protection contre les fluctuations des marges de raffinage mondiales. Aujourd’hui, le pays est contraint d’acheter des produits finis : essence, gazoile, kérosène pour l’aviation et produits pétrochimiques pour l’industrie. Cette situation rend la facture énergétique encore plus lourde, car le Maroc paie désormais la valeur ajoutée du raffinage effectuée à l’étranger.

Cette dépendance aux produits raffinés signifie que le Maroc est tributaire de la santé industrielle de ses voisins. Si les raffineries chinoises ou européennes décident de réduire leurs exportations pour satisfaire leur demande intérieure, comme cela a été observé récemment avec la Chine, le marché marocain se tend immédiatement. Le stockage devient alors le seul levier de sécurité. Le gouvernement et les distributeurs privés ont dû investir massivement dans des capacités de stockage pour garantir au moins 60 à 90 jours de consommation nationale, un défi logistique permanent pour éviter la panne sèche.

Le débat sur la réouverture de la SAMIR revient régulièrement dans l’actualité, porté par les syndicats et certains partis politiques. Pour les partisans d’une reprise d’activité, cela permettrait de réduire la facture de devises et de recréer une souveraineté industrielle. Pour d’autres, le coût de modernisation de l’usine et les mutations vers l’énergie verte rendent ce projet moins pertinent. En attendant, le Maroc reste un “importateur de produits finis”, un statut qui l’oblige à une vigilance de chaque instant sur les cours du Platt’s (le marché de référence des produits raffinés).

La facture énergétique un défi pour les équilibres macroéconomiques

La santé financière du Maroc est intimement liée au prix du baril de pétrole. Pour l’année budgétaire en cours, le gouvernement avait initialement tablé sur un prix moyen du baril autour de 65 dollars. Or, la réalité du marché est tout autre, avec des sommets dépassant parfois les 100 dollars en fonction des crises internationales. Cet écart creuse mécaniquement le déficit commercial. En 2022, la facture énergétique du Royaume avait bondi jusqu’à 150 milliards de dirhams, contre une moyenne habituelle tournant autour de 115 milliards. Cette explosion des coûts a des répercussions en cascade : hausse des prix à la pompe, augmentation des coûts de transport des marchandises et, in fine, une inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat.

Pour limiter l’impact sur le consommateur final, l’État intervient via la Caisse de compensation, mais uniquement pour le gaz butane et certains produits de base. Le carburant (essence et gazoile), lui, est libéralisé depuis 2015. Cela signifie que les prix à la pompe reflètent directement la réalité du marché mondial. Lorsque le pétrole grimpe à Londres ou New York, le citoyen de Casablanca le ressent quelques jours plus tard. Cette situation crée une pression sociale forte, obligeant le gouvernement à verser des aides directes aux transporteurs professionnels pour éviter une paralysie de l’économie ou une flambée des prix des produits alimentaires.

L’avenir reste incertain. Si les tensions en mer Rouge ou au Proche-Orient s’installent dans la durée, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique battre de nouveaux records. Les analystes craignent que cette situation conjoncturelle ne devienne structurelle, freinant les investissements publics dans d’autres secteurs cruciaux comme l’éducation ou la santé. La seule issue viable à long terme reste l’accélération de la stratégie des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert) pour réduire, décennie après décennie, cette dépendance aux molécules fossiles importées à prix d’or.

FAQ sur les importations d’énergie au Maroc

Pourquoi le Maroc importe-t-il son gaz d’Espagne ?

Le Maroc utilise l’infrastructure espagnole pour regazéifier du gaz naturel liquéfié (GNL) acheté sur les marchés mondiaux. Ce gaz est ensuite envoyé au Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) fonctionnant en sens inverse, suite à l’arrêt des livraisons directes par l’Algérie.

Quels sont les risques d’une hausse durable du prix du pétrole ?

Une hausse durable entraîne une explosion de la facture de devises, une augmentation de l’inflation globale et une pression accrue sur le budget de l’État pour soutenir les secteurs les plus fragiles, comme le transport et l’agriculture.

Le Maroc produit-il un peu de pétrole sur son territoire ?

La production locale est extrêmement marginale. Malgré de nombreuses campagnes d’exploration offshore et onshore, les découvertes actuelles ne permettent pas de couvrir plus d’une fraction de 1 % des besoins nationaux. Le pays reste donc presque totalement dépendant des marchés extérieurs.

Quel est le rôle du gaz butane dans les importations ?

Le gaz butane est crucial car il est massivement utilisé par les ménages pour la cuisine et dans l’agriculture. Les États-Unis sont devenus le principal fournisseur du Maroc pour ce produit spécifique, assurant une sécurité d’approvisionnement stable.

ÉTIQUETTES :énergieEspagnegaz butanegéopolitique énergétiqueimportations marocaines d'hydrocarburespétrole Marocprix carburant MarocSAMIR
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ParToufik - K.
Observateur privilégié des mutations économiques du Royaume du Maroc, je décrypte pour Silicon Valley les enjeux stratégiques qui font du Maroc le hub incontournable entre l'Afrique et l'Europe. Mon rôle est de transformer les indicateurs macroéconomiques et les politiques sectorielles en analyses concrètes pour les décideurs et les entrepreneurs.
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