Avec 53 364 entreprises individuelles à leur nom, les Marocains occupent la première place parmi les entrepreneurs étrangers en Italie. Ils devancent les Roumains (52 541) et les Chinois (50 166).
À retenir
- Les Marocains détiennent 53 364 entreprises individuelles en Italie, la première place chez les étrangers.
- Ils devancent les Roumains (52 541) et les Chinois (50 166).
- L’étude porte uniquement sur les entreprises individuelles, au 30 juin 2026.
- L’Italie compte 677 188 entreprises étrangères, soit environ 12 % du total.
- Les Marocains sont surtout présents dans le commerce, dans le sud du pays.
Ces données ont été publiées le 9 octobre par InfoCamere et Unioncamere, les organismes qui exploitent le registre officiel des entreprises italiennes. L’analyse s’inscrit dans le projet Futurae, soutenu par le ministère italien du Travail, et dresse un bilan arrêté au 30 juin 2026.
Ce classement appelle une précaution de méthode. L’étude porte uniquement sur les entreprises individuelles, la seule catégorie qui permet d’identifier directement la nationalité du propriétaire. Elle ne mesure donc pas l’ensemble des sociétés contrôlées par des étrangers. Le podium reflète une réalité précise, celle de l’entrepreneuriat de proximité, et non le poids global de chaque communauté dans l’économie italienne.
Des écarts serrés entre les trois premiers
L’avance marocaine est réelle, mais elle reste modeste. Elle se limite à 823 entreprises sur les Roumains, et approche 3 200 sur les Chinois. Autrement dit, la hiérarchie pourrait évoluer d’une publication à l’autre.
À elles trois, ces nationalités représentent 32,4 % des entrepreneurs individuels étrangers du pays. Cette concentration montre que l’entrepreneuriat étranger en Italie reste fortement structuré autour de quelques communautés installées de longue date.
Voici les chiffres clés du classement :
- Maroc : 53 364 entreprises individuelles
- Roumanie : 52 541 entreprises individuelles
- Chine : 50 166 entreprises individuelles
- Part cumulée des trois nationalités : 32,4 % des entrepreneurs individuels étrangers
Trois communautés, trois spécialisations
Ce qui frappe, c’est que ces trois communautés n’occupent pas les mêmes terrains économiques ni les mêmes territoires.
Les Marocains se distinguent surtout dans le commerce. Leur présence est particulièrement marquée dans le sud de l’Italie, notamment dans les provinces de Catanzaro, de Reggio de Calabre et de Messine. Les Roumains privilégient davantage le bâtiment, avec une implantation forte autour de Viterbe, de Turin et de Crémone. Les entrepreneurs chinois, eux, sont plus présents dans l’industrie manufacturière et dans les services récréatifs.
L’exemple de Prato, en Toscane, illustre cette logique de concentration. Dans cette ville, les Chinois représentent 67,2 % des entrepreneurs individuels étrangers. Je note que cette spécialisation géographique suggère des filières et des réseaux communautaires structurés, plutôt qu’une dispersion homogène sur le territoire.
Plus de 677 000 entreprises étrangères en Italie
La première place des Marocains s’inscrit dans un paysage où l’entrepreneuriat étranger occupe une place grandissante. Au 30 juin dernier, l’Italie comptait 677 188 entreprises dirigées par des ressortissants étrangers, soit environ 12 % de l’ensemble des entreprises enregistrées. Près de quatre sur cinq sont contrôlées par des personnes originaires de pays extérieurs à l’Union européenne.
La dynamique est positive. Sur les six premiers mois de 2026, le pays a enregistré 37 140 créations d’entreprises étrangères, contre 21 043 cessations d’activité. Le solde net atteint 16 097 entreprises supplémentaires.
La progression concerne surtout les sociétés de capitaux, dont le nombre a augmenté de 11 % en un an pour dépasser les 160 000. Cela peut indiquer une montée en gamme, puisque ce statut juridique correspond généralement à des structures plus importantes que l’entreprise individuelle. Cette dernière reste néanmoins majoritaire et constitue environ 70 % du tissu entrepreneurial étranger.
Une géographie inégale
L’activité ne se répartit pas uniformément sur le territoire. Le nord-ouest concentre 32,7 % des entreprises étrangères et affiche une progression annuelle de 1,5 %. Dans le sud, la tendance s’inverse, avec un recul de 3,6 %, particulièrement visible en Campanie et en Calabre.
Ce contraste pose une question que les chiffres seuls ne tranchent pas. Les Marocains sont très présents dans le Mezzogiorno, précisément là où l’ensemble des entreprises étrangères reculent. Leur maintien en tête du classement pourrait donc refléter une résilience de leur modèle, centré sur le commerce de proximité, mais l’étude ne permet pas de l’affirmer.
Un poids ancien dans le commerce italien
L’implantation des entrepreneurs marocains n’est pas nouvelle. Une précédente étude publiée en 2015 les plaçait déjà en tête des étrangers détenant des entreprises dans le pays. Les périmètres statistiques ont évolué depuis, ce qui impose de comparer les deux publications avec prudence. Les dernières données confirment toutefois le poids durable de la communauté marocaine dans le commerce italien.
Cette stabilité s’accompagne d’une autre donnée d’InfoCamere : à la fin de 2025, environ 35 % des entreprises étrangères présentes en Italie existaient depuis plus de dix ans. Je lis dans ce chiffre le signe d’un entrepreneuriat étranger qui s’ancre dans la durée, loin de l’image d’activités précaires et éphémères.
![]()
Ce que ce classement dit, et ce qu’il ne dit pas
Au-delà du symbole, je retiens deux enjeux. Sur le plan économique, l’entrepreneuriat étranger contribue de manière visible à la création d’emplois et à l’animation du commerce local, notamment dans des territoires où l’activité faiblit. Sur le plan social, la réussite entrepreneuriale d’une communauté est un indicateur d’intégration, même s’il doit être manié avec nuance.
Il faudra surtout suivre les prochaines publications pour savoir si l’avance marocaine se confirme, car l’écart avec les Roumains reste mince. Reste aussi à savoir si la progression des sociétés de capitaux modifiera, à terme, la composition de ce classement.
FAQ
Combien d’entreprises individuelles les Marocains possèdent-ils en Italie ?
Selon l’étude d’InfoCamere et d’Unioncamere, 53 364 entreprises individuelles appartiennent à des Marocains au 30 juin 2026.
Pourquoi le classement ne porte-t-il que sur les entreprises individuelles ?
Parce que c’est la seule catégorie qui permet d’identifier directement la nationalité du propriétaire. Les sociétés contrôlées par des étrangers ne sont donc pas toutes prises en compte.
Dans quels secteurs les Marocains sont-ils les plus présents ?
Principalement dans le commerce, avec une présence marquée dans le sud de l’Italie, notamment à Catanzaro, Reggio de Calabre et Messine.
Combien d’entreprises étrangères compte l’Italie ?
L’Italie en comptait 677 188 au 30 juin 2026, soit environ 12 % de l’ensemble des entreprises enregistrées.