Par ces actions concrètes et par les échanges entre marins 🇲🇦🇫🇷, CHEBEC 26 illustre le renforcement de la coopération opérationnelle entre la Marine nationale et la Marine royale marocaine, toutes deux engagées pour la sécurité maritime en Méditerranée.
À retenir
- Les marines française et marocaine ont mené l’exercice CHEBEC 26, présenté comme la 33e édition.
- Il a débuté à Toulon le 14 septembre 2026, puis s’est poursuivi en Méditerranée occidentale.
- Au programme : défense aérienne, lutte antisurface, patrouilles communes et crise maritime simulée.
- Les hélicoptères ont opéré depuis les frégates de l’autre marine, et un volet cyber a été ajouté.
- Une escale à Tanger à partir du 30 septembre a permis de dresser le bilan.
Un rendez-vous naval devenu un classique
Chaque automne, ou presque, les marines française et marocaine se retrouvent pour Chebec. L’exercice est organisé chaque année et remonterait à 1994, selon la presse marocaine. L’édition 2026, présentée comme la 33e, s’est ouverte à Toulon le 14 septembre, après une phase à quai suivie d’opérations en mer.
Je m’y arrête parce que la régularité compte autant que le spectaculaire. Une marine qui s’entraîne chaque année avec la même partenaire apprend à parler la même langue opérationnelle : procédures de communication, conduite des escortes, coordination entre bâtiments et aéronefs. Ces automatismes ne s’improvisent pas en situation de crise.
L’état-major des armées français décrit cet exercice comme un jalon important de la coopération opérationnelle entre les deux marines. Il rappelle que cette coopération navale se décline aussi dans l’entraînement, la formation, l’hydrographie, l’océanographie et le soutien technique.
Toulon, puis la mer
La première séquence s’est tenue à Toulon, base navale française en Méditerranée. La frégate marocaine Tarik Ben Ziyad y est arrivée avec 110 marins, selon la presse marocaine. À Hyères, un hélicoptère Panther de la flottille 11F de la Marine royale s’est entraîné aux côtés de la flottille 36F de la Marine nationale.
Selon la préfecture maritime de la Méditerranée, cette phase à quai consiste d’abord à préparer et à coordonner les activités. Elle est moins visible que les manœuvres en mer, mais elle conditionne leur réussite. On y aligne les scénarios, on vérifie que les équipages se comprennent et on règle les détails qui, en mer, font gagner du temps.
La seconde phase s’est déroulée en Méditerranée occidentale. D’après les informations communiquées par les deux marines et relayées par la presse spécialisée, elle a rassemblé plusieurs types d’entraînements :
- des manœuvres de défense aérienne et de lutte antisurface ;
- des patrouilles communes ;
- des mises en situation d’une crise maritime ;
- un volet consacré à la cybersécurité, présenté comme une nouveauté de cette édition.
Ce que change l’emploi croisé des hélicoptères
Parmi les séquences les plus parlantes, le ministère français des Armées a confirmé l’« emploi croisé des hélicoptères embarqués ». Concrètement, le Panther marocain a opéré depuis une frégate française. À l’inverse, l’appareil de la Marine nationale a été accueilli à bord de la frégate marocaine Tarik Ben Ziyad.
L’enjeu technique est réel. Poser un hélicoptère sur le bâtiment d’un autre pays suppose de partager des procédures d’approche, de ravitaillement et de sécurité, mais aussi de vérifier que les plateformes sont compatibles. C’est ce que recouvre le terme d’interopérabilité, qui désigne la capacité de forces différentes à travailler ensemble sans friction. Je note que cette compatibilité se teste précisément lors d’exercices comme celui-ci.
Une escale à Tanger pour dresser le bilan
L’exercice ne s’est pas arrêté en pleine mer. Les frégates marocaine Tarik Ben Ziyad et française Guépratte, une frégate légère furtive, ont fait escale à Tanger à partir du 30 septembre. Cette étape accueillait un « VIP Day », co-présidé par le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale, et par le vice-amiral d’escadre Laurent Hermann, commandant de la zone maritime Méditerranée de la Marine nationale.
Le choix de Tanger n’a rien d’anodin. La ville se trouve à l’entrée du détroit de Gibraltar, l’un des points de passage les plus fréquentés du commerce maritime mondial, à la jonction de la Méditerranée et de l’Atlantique. Y conclure un exercice de sécurité maritime donne un sens très concret au scénario travaillé en mer.
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Un format qui s’est étoffé depuis 2023
Il est utile de replacer cette édition dans la durée. En 2023, Chebec réunissait la frégate Tarik Ben Ziyad et la frégate française La Fayette autour de la gestion de crise, de la sécurité et de la sûreté maritimes. Les équipages avaient alors mené des exercices de lutte sous la mer, antiaérienne et antisurface, ainsi que des plongées associant plongeurs démineurs français et commandos marocains.
L’édition 2024, la 30e selon la presse, s’était tenue du 7 au 13 octobre et avait pour la première fois engagé un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la Marine nationale. Elle comportait aussi, pour la première fois, un volet de lutte anti-sous-marine. Selon la presse marocaine, l’édition 2025 s’est déroulée du 3 au 22 novembre, entre Toulon, Hyères et Tanger.
Pour 2026, la presse marocaine fait état de la participation d’un sous-marin nucléaire d’attaque français à la phase en Méditerranée. L’ajout d’un volet cyber complète le tableau. Le périmètre de l’exercice s’élargit donc d’année en année, de la sécurité maritime classique vers un spectre plus large d’opérations navales.
Des chiffres et des repères à retenir
- Édition : la 33e, selon la presse marocaine ;
- Lancement à Toulon : 14 septembre 2026 ;
- Escale à Tanger : à partir du 30 septembre ;
- Bâtiments cités : la frégate Tarik Ben Ziyad (Maroc) et la frégate légère furtive Guépratte (France) ;
- Équipage de la frégate marocaine à Toulon : 110 marins, selon la presse marocaine.
Un volet aérien en parallèle
Chebec n’a pas été la seule activité de coopération militaire franco-marocaine de ce mois de septembre. Le ministère français des Armées présente l’exercice naval et l’exercice aérien Oryx 26 comme deux volets simultanés de la coopération avec le Maroc. Selon Morocco World News, quatre F-16 marocains ont rejoint des Rafale français sur la base aérienne 115 d’Orange-Caritat, une première pour ces appareils marocains sur cette base.
Cette concomitance me paraît significative. Elle donne à voir une coopération qui ne se limite plus à un seul domaine, même si chaque exercice reste distinct dans ses objectifs et dans ses moyens.
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Pourquoi cette coopération compte
Je lis cet exercice à trois niveaux.
Le premier est opérationnel. Les deux marines disposent de capacités comparables dans plusieurs domaines, dont la lutte anti-sous-marine, ce qui rend l’entraînement commun utile. Le second est stratégique : la Méditerranée occidentale et le détroit de Gibraltar concentrent des flux commerciaux essentiels, et leur sûreté intéresse directement les deux rives. Le troisième est diplomatique. Chebec s’inscrit dans le climat de rapprochement entre Rabat et Paris qui a suivi la visite d’État du président français au Maroc en octobre 2024.
Il faut toutefois rester mesuré. Un exercice bilatéral n’équivaut pas à une alliance formelle, et les communiqués officiels des deux marines insistent d’abord sur la formation et l’interopérabilité. Les bénéfices dépendent de la continuité des échanges, de la fréquence des entraînements et de la capacité à intégrer de nouveaux domaines, comme le cyber, sans perdre en cohérence. Les images diffusées illustrent ces échanges, mais elles ne disent pas, à elles seules, ce que les équipages en retiennent.
Et après
La question ouverte est celle de la trajectoire. Chebec a ajouté un sous-marin, puis un volet cyber, et il se déroule désormais en parallèle d’un exercice aérien. Je serai attentif à la suite : l’exercice conservera-t-il ce format élargi, ou deviendra-t-il le cadre d’une coopération encore plus intégrée ? Les prochaines éditions apporteront des éléments de réponse.
FAQ
Qu’est-ce que l’exercice Chebec ?
C’est un exercice naval bilatéral entre la Marine nationale française et la Marine royale marocaine, organisé chaque année. Il vise à renforcer l’interopérabilité et la sécurité maritime en Méditerranée.
Quand et où s’est déroulée l’édition 2026 ?
Elle a débuté à Toulon le 14 septembre 2026, puis s’est poursuivie en Méditerranée occidentale. Une escale à Tanger a eu lieu à partir du 30 septembre.
Quels bâtiments y ont participé ?
La presse cite la frégate marocaine Tarik Ben Ziyad et la frégate légère furtive française Guépratte, ainsi que des hélicoptères des deux marines. Un sous-marin nucléaire d’attaque français est également mentionné.
Qu’y avait-il de nouveau en 2026 ?
Selon le commandement français de la zone maritime Méditerranée, l’exercice a intégré un volet cyber. Le ministère des Armées a aussi confirmé l’emploi croisé des hélicoptères embarqués sur les bâtiments de l’autre marine.