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Silicon Valley Maroc – le mag tech marocain > Blog > Politique > Les États-Unis se retirent du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
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Les États-Unis se retirent du Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Les États-Unis se retirent officiellement du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, une décision qui marque une nouvelle étape dans le désengagement de Washington vis-à-vis de plusieurs institutions multilatérales.

Julie - Sanchez
Dernière mise à jour : 18 septembre 2026 15h52
Julie - Sanchez
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Cette décision marque une rupture avec la stratégie d’engagement multilatéral privilégiée par l’administration Biden et réinstalle une approche beaucoup plus sélective des institutions internationales. Elle intervient alors que le Conseil des droits de l’homme poursuit ses travaux à Genève dans un contexte diplomatique particulièrement tendu.

Sommaire
  • Les États-Unis quittent à nouveau le Conseil
  • Pourquoi Washington critique le Conseil
  • Un calendrier particulièrement sensible
  • Le Conseil continue malgré le départ américain
  • La Chine et les autres puissances gagnent de l’espace diplomatique
  • Washington ne quitte pas pour autant l’ONU
  • Un changement profond dans la diplomatie américaine
  • L’Europe face à un partenaire américain différent
  • Le paradoxe du retrait américain
  • Une nouvelle carte diplomatique mondiale
  • FAQ

Il faut toutefois préciser un élément important : le retrait américain n’est pas une décision prise en septembre 2026. Donald Trump avait ordonné la sortie des États-Unis du Conseil dès février 2025. Ce qui se joue aujourd’hui correspond davantage à la consolidation de ce retrait et à son inscription dans une politique américaine beaucoup plus large vis-à-vis des Nations unies.

Pour Washington, le Conseil est devenu le symbole d’un système multilatéral jugé trop politisé et insuffisamment aligné sur les intérêts américains. Pour ses défenseurs, au contraire, le départ de la première puissance occidentale prive l’institution d’un acteur majeur et modifie profondément les rapports de force diplomatiques.

Les États-Unis quittent à nouveau le Conseil

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est installé à Genève. Créé en 2006, il compte 47 États membres élus par l’Assemblée générale de l’ONU. Son rôle consiste notamment à examiner les situations relatives aux droits humains, à organiser des débats, à mandater des commissions d’enquête et à adopter des résolutions concernant différents pays.

Les États-Unis avaient déjà quitté le Conseil en 2018 sous le premier mandat de Donald Trump. L’administration Biden avait ensuite choisi de renouer avec l’organisation et de réintégrer pleinement ses mécanismes.

Le deuxième retrait américain s’inscrit donc dans une logique de rupture avec cette politique.

Le 4 février 2025, Donald Trump a signé un décret ordonnant notamment la fin de la participation américaine au Conseil des droits de l’homme. La Maison-Blanche a également demandé une réévaluation de la participation américaine à plusieurs organisations internationales.

En 2026, cette orientation a été amplifiée par une nouvelle politique de retrait concernant plusieurs dizaines d’organisations internationales.

Le message envoyé par Washington est désormais difficile à manquer : les États-Unis ne souhaitent plus participer automatiquement aux institutions multilatérales simplement parce qu’elles existent.

Pourquoi Washington critique le Conseil

L’administration américaine avance plusieurs arguments pour justifier sa décision.

Washington reproche notamment au Conseil des droits de l’homme de ne pas traiter tous les pays de manière équivalente. L’administration Trump estime que certains États accusés de graves violations des droits humains peuvent participer au fonctionnement de l’institution tout en échappant à une pression suffisante.

La question d’Israël occupe également une place centrale dans les critiques américaines.

Depuis sa création, le Conseil a adopté de nombreuses résolutions concernant Israël et les territoires palestiniens. Pour Washington, cette attention particulière constitue la preuve d’un traitement qu’il considère comme déséquilibré.

L’administration américaine estime également que le Conseil peut être utilisé comme une tribune politique contre les États-Unis.

C’est un débat ancien, mais le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche lui donne une nouvelle dimension.

Le raisonnement américain est relativement simple : si une organisation internationale ne correspond plus aux intérêts stratégiques de Washington, les États-Unis doivent pouvoir réduire leur participation ou s’en retirer.

Un calendrier particulièrement sensible

Le moment choisi donne une portée supplémentaire à cette décision.

En septembre 2026, le Conseil des droits de l’homme tient sa 63e session à Genève. L’organisation poursuit ses travaux sur de nombreuses situations nationales et internationales.

Cette session se déroule parallèlement à de fortes tensions géopolitiques impliquant directement Washington.

Le contexte américain est notamment marqué par les conséquences du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Des mécanismes internationaux ont formulé des accusations particulièrement graves concernant certaines opérations militaires américaines.

Washington conteste ces accusations.

Le fait que ces débats se déroulent alors que les États-Unis ne participent plus au Conseil crée évidemment une situation inhabituelle.

D’un côté, l’institution continue d’examiner des questions concernant la politique américaine. De l’autre, le gouvernement américain ne souhaite plus être directement engagé dans le fonctionnement du Conseil.

Cette situation illustre parfaitement la nouvelle relation entre Washington et certaines institutions internationales.

Le Conseil continue malgré le départ américain

Il serait cependant faux de considérer que le retrait américain signifie la fin ou l’affaiblissement automatique du Conseil.

L’institution continue de fonctionner.

Les 47 membres du Conseil poursuivent leurs travaux, les mécanismes d’enquête restent actifs et les différentes sessions continuent d’être organisées à Genève.

Le départ américain modifie surtout la composition politique du débat.

Les États-Unis représentent une puissance diplomatique, économique et militaire considérable. Leur présence autour de la table permettait à Washington de défendre directement ses positions, de négocier les textes et de construire des coalitions.

Désormais, cette influence doit davantage s’exercer en dehors du Conseil.

Et c’est probablement l’un des aspects les plus importants de cette décision.

Une puissance peut critiquer une institution de l’extérieur. Mais lorsqu’elle quitte une enceinte, elle abandonne également une partie de sa capacité à influencer les discussions qui s’y déroulent.

La Chine et les autres puissances gagnent de l’espace diplomatique

Le retrait américain intervient dans une période où le système international connaît une transformation profonde.

La Chine cherche depuis plusieurs années à accroître son influence dans les institutions internationales. La Russie défend également une vision différente de l’ordre mondial. De leur côté, plusieurs puissances émergentes souhaitent réduire ce qu’elles considèrent comme une domination historique des pays occidentaux.

Dans ce contexte, chaque siège laissé vacant politiquement crée un nouvel espace de négociation.

Cela ne signifie pas qu’un autre pays récupère mécaniquement l’influence américaine. La diplomatie internationale ne fonctionne pas comme un jeu à somme parfaitement nulle.

Mais l’absence américaine permet à d’autres gouvernements de défendre leurs positions avec moins de confrontation directe avec Washington.

Plusieurs conséquences peuvent être envisagées :

  • davantage d’espace pour les puissances émergentes ;
  • une influence occidentale potentiellement moins coordonnée ;
  • un rôle accru des coalitions régionales ;
  • une multiplication des affrontements diplomatiques sur les résolutions ;
  • une compétition plus forte autour de la définition des normes internationales.

Le véritable sujet est donc moins le Conseil lui-même que la bataille pour l’influence dans les institutions internationales.

Washington ne quitte pas pour autant l’ONU

Il faut éviter un raccourci fréquent.

Les États-Unis ne quittent pas l’Organisation des Nations unies.

Washington reste membre de l’ONU et continue de participer à certaines de ses structures. Les États-Unis conservent également des intérêts considérables dans les institutions internationales.

La politique actuelle ressemble donc davantage à une stratégie de sélection qu’à une rupture totale.

Washington veut choisir les organisations dans lesquelles il considère que sa participation est utile.

Cette approche est très différente de celle qui consistait à considérer la présence américaine dans les grandes institutions internationales comme un élément permanent de la politique étrangère américaine.

Le message de l’administration Trump est désormais plus transactionnel : participer lorsqu’il existe un intérêt américain clairement identifié, réduire l’engagement lorsque cet intérêt n’est plus considéré comme suffisamment important.

Un changement profond dans la diplomatie américaine

À Silicon Valley, ce qui nous paraît particulièrement intéressant dans cette évolution est le changement de méthode.

Pendant des décennies, les États-Unis ont construit une partie de leur puissance internationale grâce à un réseau extrêmement dense d’alliances et d’institutions.

Washington ne disposait pas seulement de la première puissance militaire mondiale. Il bénéficiait également d’une capacité exceptionnelle à influencer les règles internationales, les organisations, les normes économiques et les grandes coalitions diplomatiques.

Cette influence institutionnelle constituait une forme de puissance à part entière.

Aujourd’hui, l’administration Trump semble privilégier davantage la puissance directe, les négociations bilatérales et les rapports de force.

C’est un changement important.

Le multilatéralisme n’est pas supprimé, mais il devient plus conditionnel.

L’Europe face à un partenaire américain différent

Pour les Européens, cette transformation constitue également un défi.

L’Union européenne et ses États membres restent fortement engagés dans les organisations multilatérales. Ils continuent de considérer les institutions internationales comme des instruments essentiels pour gérer les conflits, les droits humains, le commerce et les grandes crises mondiales.

Le retrait américain crée donc une différence croissante de méthode entre Washington et plusieurs capitales européennes.

Cette divergence ne signifie pas nécessairement une rupture entre les États-Unis et l’Europe.

Mais elle oblige les Européens à réfléchir à une question devenue centrale : que faire lorsque le principal allié occidental réduit son engagement dans certaines institutions internationales ?

La réponse pourrait passer par une implication européenne plus importante dans les mécanismes multilatéraux.

Elle pourrait également provoquer davantage de divergences entre les pays européens eux-mêmes, notamment lorsqu’il s’agit de définir une position commune face aux États-Unis.

Le paradoxe du retrait américain

Il existe enfin un paradoxe particulièrement intéressant.

Les États-Unis veulent réduire leur exposition à certaines institutions internationales, mais ils restent profondément dépendants du système mondial qu’ils ont contribué à construire.

Le commerce international, la finance, les alliances militaires, les chaînes technologiques, la sécurité énergétique et les normes internationales continuent de fonctionner dans un environnement largement multilatéral.

Washington peut donc réduire sa participation à certaines organisations sans pouvoir totalement se désengager du système international.

C’est là que se trouve probablement la principale question pour les prochaines années.

Jusqu’où les États-Unis peuvent-ils réduire leur implication institutionnelle sans perdre une partie de l’influence qui leur permet justement de défendre leurs intérêts à l’échelle mondiale ?

Il faudra du temps pour mesurer la réponse.

Une nouvelle carte diplomatique mondiale

Le retrait américain du Conseil des droits de l’homme constitue donc bien davantage qu’un épisode administratif.

Il s’inscrit dans une transformation plus vaste de la politique étrangère américaine.

Washington ne tourne pas complètement le dos au monde. Il redéfinit plutôt les conditions de son engagement.

Cette distinction est essentielle.

Les États-Unis restent une puissance incontournable. Mais leur présence dans les institutions internationales est désormais davantage soumise à une logique de rentabilité stratégique et politique.

Pour les autres puissances, cette évolution crée de nouvelles opportunités.

Pour l’Europe, elle impose de nouvelles responsabilités.

Pour les Nations unies, elle pose une question fondamentale sur leur capacité à conserver une influence réelle dans un monde où les grandes puissances sont de plus en plus réticentes à accepter les contraintes du multilatéralisme.

Et pour Washington, le pari est clair : moins d’engagement institutionnel, mais davantage de liberté stratégique.

Reste à savoir si cette nouvelle doctrine permettra aux États-Unis de conserver la même capacité à façonner les règles internationales depuis l’extérieur des institutions qu’ils influençaient autrefois de l’intérieur.

FAQ

Quand les États-Unis ont-ils décidé de quitter le Conseil des droits de l’homme ?

Le retrait actuel a été ordonné par Donald Trump le 4 février 2025. Il constitue le deuxième départ américain après celui décidé en 2018.

Les États-Unis quittent-ils l’ONU ?

Non. Les États-Unis restent membres des Nations unies. Leur retrait concerne notamment le Conseil des droits de l’homme et plusieurs autres organisations ou mécanismes internationaux.

Pourquoi Washington critique-t-il le Conseil des droits de l’homme ?

L’administration américaine lui reproche notamment ce qu’elle considère comme des traitements déséquilibrés entre les pays, ainsi qu’une attention excessive portée à Israël et aux États-Unis.

Quel impact ce retrait peut-il avoir ?

Le Conseil continue de fonctionner sans les États-Unis. En revanche, Washington perd une partie de sa capacité d’influence directe au sein de cette enceinte, tandis que d’autres puissances disposent de davantage d’espace pour défendre leurs positions.

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ParJulie - Sanchez
D'origine Argentine et folle amoureuse du Maroc, spécialiste des enjeux de la mobilité internationale au Royaume, je mets ma plume au service de ceux qui choisissent de faire du Maroc leur nouvelle terre d’accueil. Mon rôle pour Silicon Valley est de transformer les défis de l'expatriation en un parcours fluide et inspirant, en alliant conseils pratiques et décryptages culturels.
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