Le Royaume du Maroc franchit une nouvelle étape décisive dans sa stratégie d’émergence industrielle. L’annonce de la création d’une zone industrielle d’envergure à Mohammedia, s’étendant sur une surface impressionnante de 660 hectares, marque le début d’une ère nouvelle pour la région Casablanca-Settat. Ce projet ambitieux ne se contente pas de proposer du foncier ; il incarne une vision globale visant à transformer la cité des fleurs en un véritable hub logistique et manufacturier de classe mondiale. En misant sur cette infrastructure colossale, l’État marocain anticipe les besoins des investisseurs internationaux tout en répondant à l’urgence sociale du plein emploi.
- Un moteur de croissance pour l’emploi régional
- Des secteurs stratégiques au cœur de la zone
- La logistique comme pilier de compétitivité
- Attirer les investissements directs étrangers
- Durabilité et zones industrielles de nouvelle génération
- Mohammedia et le futur de la région Casablanca-Settat
- FAQ sur le projet industriel de Mohammedia
L’emplacement stratégique de Mohammedia, située entre les deux plus grandes métropoles du pays, offre un avantage comparatif indéniable. La ville bénéficie déjà d’une infrastructure portuaire solide et d’une connectivité autoroutière fluide. Ce nouveau projet de 660 hectares vient capitaliser sur ces acquis pour attirer des capitaux massifs dans des secteurs à forte valeur ajoutée. On parle ici d’une zone capable d’accueillir des écosystèmes complets, allant de l’industrie lourde aux services numériques, en passant par la transformation agroalimentaire et l’assemblage électronique.
Un moteur de croissance pour l’emploi régional
L’impact social de cette initiative est au cœur des préoccupations gouvernementales. Avec une prévision de plus de 35 000 opportunités d’emploi directes, le projet de Mohammedia se positionne comme le principal pourvoyeur de travail dans la zone littorale. Ces postes ne concernent pas uniquement la main-d’œuvre peu qualifiée ; la diversité des industries attendues nécessite des ingénieurs, des techniciens spécialisés et des cadres administratifs. Cela représente une bouffée d’oxygène pour la jeunesse diplômée de la région, souvent contrainte de migrer vers Casablanca ou Rabat pour trouver des débouchés à la hauteur de leurs compétences.
Le dynamisme de cette future zone industrielle va également générer un effet d’entraînement sur l’économie locale. Pour chaque emploi créé au sein de la zone, on estime que deux à trois emplois indirects verront le jour dans les secteurs du commerce, de la restauration, du transport et de la maintenance. Cette dynamisation du tissu économique local transformera durablement le visage de Mohammedia, faisant passer la ville d’un statut de cité satellite à celui de pôle économique autonome et rayonnant.
Des secteurs stratégiques au cœur de la zone
Le gouvernement marocain a clairement identifié les segments industriels prioritaires pour occuper ces 660 hectares. L’objectif est de créer une complémentarité entre les unités de production et les services supports. La configuration de la zone permettra une intégration verticale où les matières premières entrent d’un côté et les produits finis sortent de l’autre, prêts à être exportés via le port de Casablanca ou de Tanger Med. Les industries manufacturières occuperont la part du lion, bénéficiant d’incitations fiscales et d’un accompagnement administratif simplifié.
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L’industrie automobile et aéronautique : fourniture de composants et de pièces détachées de rang 2 et 3.
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L’agro-industrie : transformation des produits du terroir pour le marché local et l’exportation.
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Le textile technique : développement de matériaux innovants pour les marchés européens.
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La chimie et parachimie : profitant de la proximité historique des installations pétrolières de la ville.
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L’électronique et le digital : assemblage de composants et centres de données de pointe.
Cette spécialisation intelligente permet d’éviter la dispersion des efforts. En regroupant des entreprises de secteurs similaires ou complémentaires, le Maroc favorise la création de clusters industriels. Ces regroupements sont essentiels pour encourager l’innovation et réduire les coûts logistiques internes. Les entreprises pourront partager des ressources, comme des centres de formation professionnelle dédiés ou des plateformes de gestion des déchets industriels, optimisant ainsi leur rentabilité globale.
La logistique comme pilier de compétitivité
Au-delà de la simple production, la zone de Mohammedia se veut un modèle d’efficacité logistique. Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus tendues, la capacité à stocker, transformer et expédier rapidement des marchandises est un atout majeur. La zone réservera une part importante de sa superficie aux services logistiques de nouvelle génération. Des entrepôts intelligents, dotés de technologies de gestion automatisée, permettront aux opérateurs de réduire leurs délais de livraison vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
Le raccordement ferroviaire et l’élargissement des voies d’accès autoroutières sont déjà à l’étude pour garantir une fluidité totale. Mohammedia deviendra ainsi le point de jonction entre le Nord et le Sud du pays. Cette infrastructure de transport intégrée est l’un des arguments phares pour convaincre les multinationales de délocaliser leurs centres de distribution régionaux au Maroc. Le projet s’inscrit parfaitement dans la vision royale de faire du pays le “portail de l’Afrique”.
Attirer les investissements directs étrangers
Pour remplir ces 660 hectares, le Maroc déploie une stratégie de séduction agressive envers les investisseurs étrangers (IDE). Le cadre légal a été assoupli grâce à la nouvelle Charte de l’Investissement, qui offre des primes territoriales et sectorielles particulièrement attractives. Les investisseurs qui choisiront de s’installer à Mohammedia bénéficieront d’un environnement “Plug & Play”, où les terrains sont déjà viabilisés, équipés en électricité haute tension, en fibre optique et en systèmes d’épuration des eaux.
Le climat de stabilité politique et macroéconomique du Maroc joue également en sa faveur. Contrairement à d’autres régions du monde, le Royaume offre une visibilité à long terme, essentielle pour les projets industriels lourds. La proximité géographique avec l’Europe (à seulement 14 km via le détroit) permet de pratiquer le “nearshoring”, une tendance qui consiste à rapprocher la production des marchés de consommation pour limiter l’empreinte carbone et les risques géopolitiques.
Durabilité et zones industrielles de nouvelle génération
Un aspect crucial de ce projet réside dans sa dimension écologique. Le Maroc ne souhaite plus construire des zones industrielles classiques, souvent polluantes et énergivores. La zone de Mohammedia est pensée comme une Ecoparc industriel. L’intégration d’énergies renouvelables, notamment le solaire, pour l’alimentation des usines est une priorité. De plus, la gestion optimisée des ressources en eau, par le biais du recyclage des eaux usées industrielles, répond aux défis climatiques auxquels le pays est confronté.
Le design même de la zone prévoit des espaces verts, des zones de vie pour les employés et des infrastructures de transport collectif pour réduire l’usage de la voiture individuelle. En créant un environnement de travail sain et moderne, le projet améliore la productivité et l’attractivité des entreprises. C’est un signal fort envoyé aux marchés internationaux : le Maroc produit, mais il produit de manière responsable et durable, respectant les normes environnementales les plus strictes (ISO 14001, labels verts).
Mohammedia et le futur de la région Casablanca-Settat
L’intégration de cette zone dans le plan de développement régional de Casablanca-Settat est fondamentale. La métropole casablancaise arrivant à saturation, le déplacement du curseur industriel vers Mohammedia permet de rééquilibrer le territoire. Cela limite la congestion urbaine à Casablanca tout en offrant un nouveau pôle de vie moderne aux travailleurs. Le projet s’accompagne de programmes de logements et d’équipements sociaux (écoles, centres de santé) pour accueillir les familles des futurs employés.
Cette vision territoriale repose sur la complémentarité. Mohammedia ne vient pas concurrencer Casablanca, mais la compléter en offrant des espaces vastes que la capitale économique ne peut plus fournir. La synergie entre le port de Mohammedia, spécialisé dans les produits énergétiques et bientôt diversifié, et la nouvelle zone industrielle créera une puissance économique régionale sans précédent au Maghreb. Les retombées fiscales pour la municipalité permettront également de financer d’autres projets de réaménagement urbain.
FAQ sur le projet industriel de Mohammedia
Quand les premiers travaux de construction débuteront-ils ?
Le projet a franchi une étape décisive le 7 mars 2026 avec la signature officielle des conventions de partenariat. Les travaux d’aménagement du foncier, couvrant notamment 660 hectares à Sidi Moussa El Mejdoub (Mohammedia), débuteront dans les prochains mois. Le développement est prévu en trois tranches successives, avec une livraison des premiers lots industriels opérationnels attendue dès la fin de l’année 2026 ou début 2027.
Quels types de profils seront recrutés pour les 35 000 emplois ?
Le projet global, incluant les zones de Mohammedia et de Benslimane, prévoit la création de 35 000 emplois directs (dont 20 000 dès les premières phases). Les besoins prioritaires identifiés en 2026 concernent :
- Production & Technique : Opérateurs qualifiés, techniciens de maintenance, ajusteurs-monteurs.
- Ingénierie : Ingénieurs en génie mécanique, électrique et mécatronique.
- Logistique : Gestionnaires de stocks, planificateurs supply chain et conducteurs d’engins spécialisés.
- Fonctions support : Experts en export, administratifs et responsables QHSE.
Comment les entreprises peuvent-elles postuler pour s’installer dans la zone ?
En 2026, l’accès au foncier industriel est centralisé via le Centre Régional d’Investissement (CRI) de Casablanca-Settat. Les investisseurs doivent déposer leur dossier sur la plateforme Casablanca Invest. La sélection des projets repose sur les critères de la nouvelle Charte de l’Investissement, privilégiant les industries décarbonées, créatrices de valeur ajoutée technologique et favorisant l’intégration locale.
La zone sera-t-elle exclusivement réservée aux entreprises étrangères ?
Absolument pas. L’objectif stratégique affiché en mars 2026 est de renforcer la souveraineté industrielle nationale. Le gouvernement encourage activement les PME et grandes entreprises marocaines à s’y installer aux côtés des groupes internationaux. Cette mixité vise à favoriser le transfert de technologies et à créer des écosystèmes complets où les sous-traitants locaux peuvent collaborer directement avec les donneurs d’ordres mondiaux.
Quelle est la superficie totale des nouvelles zones industrielles ?
L’investissement global porte sur une superficie de 1 100 hectares. Elle est répartie entre la préfecture de Mohammedia (660 ha) et la province de Benslimane (zones de Moualine El Oued et Ain Tizgha), faisant de cet ensemble l’un des pôles industriels et logistiques les plus vastes et les plus modernes du Royaume à l’horizon 2030.