Le paysage économique du Royaume chérifien est marqué par une dynamique fascinante où tradition et modernité se côtoient. Au cœur de cette effervescence, une poignée de figures emblématiques dessine les contours du Maroc de demain. Parler des plus grandes fortunes du Maroc en 2026, ce n’est pas simplement aligner des chiffres vertigineux ou des estimations de patrimoine en milliards de dollars.
- Aziz Akhannouch le bâtisseur de l’énergie et de la politique
- Othman Benjelloun le doyen de la finance continentale
- Moulay Hafid Elalamy le stratège de l’industrie et de l’assurance
- Anas Sefrioui le géant de l’immobilier social
- Mohamed Hassan Bensalah le leader de l’assurance et de l’eau
- Saïd Alj le champion de l’industrie multisectorielle
- Les familles héritières et l’ombre du pouvoir économique
- L’impact social et philanthropique des milliardaires marocains
- FAQ — Les Fortunes du Maroc : Panorama de l’Élite Économique en 2026
C’est avant tout raconter l’histoire de capitaines d’industrie qui, par leurs holdings et leurs investissements stratégiques, influencent directement le quotidien de millions de Marocains. De la finance à l’énergie, en passant par l’immobilier et l’industrie agroalimentaire, ces leaders ne se contentent pas d’accumuler des richesses ; ils sont les moteurs d’une économie nationale en pleine mutation, cherchant sans cesse à concilier rentabilité et souveraineté économique.
L’année 2026 confirme une tendance observée depuis quelques saisons : une résilience incroyable face aux chocs mondiaux. Que ce soit à travers le groupe Akwa, la banque BMCE ou le géant Saham, ces fortunes ne sont plus uniquement locales. Elles rayonnent désormais sur tout le continent africain, faisant du Maroc un hub incontournable pour les investisseurs internationaux. Cette influence se mesure à la capacité de ces acteurs à créer de l’emploi, à innover dans les technologies vertes et à porter la voix du secteur privé dans les grandes décisions nationales. Plongeons dans l’analyse détaillée de ces personnalités qui font la pluie et le beau temps sur l’économie marocaine, en scrutant de près leur parcours et l’impact réel de leur empire.
Aziz Akhannouch le bâtisseur de l’énergie et de la politique
Aziz Akhannouch occupe une place à part dans ce classement. À la tête du groupe Akwa Group, il contrôle une part prépondérante du marché de la distribution de carburants et de gaz au Maroc via sa filiale phare, Afriquia. Mais son influence dépasse largement le cadre des affaires. En tant que Chef du Gouvernement, il incarne cette double casquette rare d’homme d’affaires visionnaire et de décideur politique de premier plan. Son patrimoine, estimé à plus de 2 milliards de dollars selon les dernières données de Forbes, s’est construit sur une diversification intelligente et une gestion rigoureuse de l’héritage familial. Sous sa direction, Akwa a su prendre le virage de la transition énergétique, investissant massivement dans les énergies renouvelables et le dessalement de l’eau, des secteurs vitaux pour le futur du Royaume.
L’influence d’Akhannouch se ressent dans chaque station-service du pays, mais aussi dans les orientations stratégiques du Plan Maroc Vert, qu’il a longtemps porté. Son approche est celle d’un gestionnaire pragmatique qui mise sur les grands chantiers pour stimuler la croissance. Malgré les critiques inhérentes à sa fonction politique, son poids économique reste un pilier de la stabilité financière du pays. Son groupe emploie des milliers de collaborateurs et participe activement au développement des infrastructures nationales. Pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, il représente le succès d’un capitalisme marocain capable de s’imposer sur des marchés hautement stratégiques et concurrentiels.
Othman Benjelloun le doyen de la finance continentale
On ne présente plus Othman Benjelloun, le président de Bank of Africa (anciennement BMCE Bank). À plus de 90 ans, cet architecte de la finance marocaine continue de veiller sur un empire qui s’étend bien au-delà des frontières du Royaume. Sa fortune, qui oscille autour de 1,3 à 1,5 milliard de dollars, est le fruit d’une vision panafricaine prémonitoire. Benjelloun a compris très tôt que l’avenir du Maroc passait par son ancrage profond dans le reste du continent. À travers sa holding O Capital Group, il contrôle des intérêts majeurs dans l’assurance (RMA Watanya), les télécoms et le transport. Sa tour iconique à Rabat, la Tour Mohammed VI, est le symbole physique de cette ambition sans limites et de son attachement à laisser une trace indélébile dans l’urbanisme marocain.
L’influence d’Othman Benjelloun est avant tout diplomatique et financière. Il est celui qui murmure à l’oreille des investisseurs internationaux, garantissant la solidité du système bancaire marocain. Sa capacité à mobiliser des capitaux pour des projets d’envergure est unique. Au sein de son groupe, l’innovation technologique est une priorité, notamment à travers la digitalisation des services financiers, permettant d’inclure des populations jusque-là éloignées des circuits bancaires classiques. Son héritage est déjà assuré par une structure de gouvernance solide, mais l’homme reste la figure de proue d’un Maroc qui ose regarder l’Europe et l’Afrique avec la même assurance.
Moulay Hafid Elalamy le stratège de l’industrie et de l’assurance
Surnommé le “loup de la finance” par certains, Moulay Hafid Elalamy (MHE) est sans doute l’un des esprits les plus brillants de sa génération. Fondateur du groupe Saham, il a su transformer une petite compagnie d’assurance en un conglomérat panafricain avant de revendre ses parts dans l’assurance pour se réinventer dans l’industrie et l’outsourcing. Sa fortune est estimée à plus de 600 millions de dollars, mais son influence est bien supérieure à ce chiffre. Ancien Ministre de l’Industrie, il est l’artisan du décollage du secteur automobile et aéronautique au Maroc, attirant des géants comme Renault ou Boeing. Son sens de la négociation et son réseau international font de lui un acteur clé pour le positionnement du “Made in Morocco” sur l’échiquier mondial.
MHE est un homme de défis. Après avoir quitté le gouvernement, il a repris ses activités privées avec une vigueur renouvelée, investissant dans des secteurs à forte valeur ajoutée. Son influence se manifeste également par son implication dans les grandes instances patronales, où il milite pour une compétitivité accrue des entreprises marocaines. Il incarne cette nouvelle garde de patrons qui ne craignent pas la mondialisation, mais cherchent au contraire à en tirer profit par l’excellence opérationnelle. Sa méthode, basée sur des objectifs chiffrés et une exécution rapide, est devenue une référence dans le monde des affaires à Casablanca.
Les secteurs clés dominés par les grandes fortunes
Pour comprendre l’impact de ces personnalités, il est essentiel d’analyser les secteurs où elles concentrent leurs forces. Voici les domaines où leur influence est la plus marquante :
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Le secteur bancaire et financier : Véritable colonne vertébrale de l’économie, dominé par des figures comme Benjelloun et les familles Kettani ou Benchakroun.
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L’énergie et les hydrocarbures : Un domaine hautement stratégique où Akwa Group (Akhannouch) joue un rôle de leader national.
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L’immobilier et le BTP : Portés par des groupes comme Addoha (Anas Sefrioui) ou CGI, essentiels pour répondre au besoin de logement et d’infrastructures.
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L’industrie agroalimentaire : Un secteur où des familles comme les Alj (Sanam Holding) ou les Belkhayat assurent la sécurité alimentaire et l’exportation.
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La distribution et le retail : Avec l’essor des centres commerciaux et de la grande distribution (Marjane, Label’Vie), changeant les modes de consommation.
Anas Sefrioui le géant de l’immobilier social
Anas Sefrioui, à la tête du groupe Addoha, est l’homme qui a littéralement construit les quartiers populaires et moyens du Maroc moderne. Bien que sa fortune ait connu des fluctuations dues aux cycles du marché immobilier, il reste l’un des milliardaires les plus influents du pays. Sa stratégie repose sur un modèle de volume : construire des milliers de logements sociaux pour répondre à la demande croissante d’urbanisation. En diversifiant ses activités vers le ciment avec Ciments de l’Atlas, il a verticalisé sa production, sécurisant ainsi ses marges et son indépendance. Sefrioui a également étendu son empire en Afrique subsaharienne, devenant un acteur majeur de la construction en Côte d’Ivoire ou au Sénégal.
L’influence de Sefrioui réside dans sa capacité à loger le peuple. Ses projets immobiliers ne sont pas seulement des bâtiments, ce sont des écosystèmes entiers qui façonnent la physionomie des villes marocaines. En période de crise, il est souvent le premier interlocuteur de l’État pour relancer la machine économique via le secteur du bâtiment. Sa résilience et sa connaissance profonde du terrain en font un observateur privilégié des mutations sociales du Maroc. Malgré les défis liés à l’endettement du secteur, sa holding reste un poids lourd indéboulonnable du CAC (Casablanca All Shares Index).
Mohamed Hassan Bensalah le leader de l’assurance et de l’eau
Le groupe Holmarcom, dirigé par Mohamed Hassan Bensalah, est l’un des conglomérats les plus respectés du Royaume. Héritier d’une tradition entrepreneuriale solide, Bensalah a su moderniser le groupe familial pour en faire un leader multi-sectoriel. Avec AtlantaSanad, il occupe une place prépondérante dans le secteur des assurances. Mais c’est peut-être dans l’agroalimentaire, avec la marque d’eau minérale Oulmès, qu’il touche le plus directement le quotidien des Marocains. Sa fortune est le reflet d’une gestion prudente et d’une vision à long terme, privilégiant la qualité et la pérennité sur les gains rapides.
L’influence de la famille Bensalah passe aussi par son engagement dans la promotion de l’art et de la culture, mais surtout par sa présence dans la gestion des ressources naturelles. Dans un pays confronté au stress hydrique, la maîtrise de la chaîne de valeur de l’eau est un atout stratégique majeur. Mohamed Hassan Bensalah est également très impliqué dans les instances de régulation et les associations professionnelles, où il apporte une expertise reconnue. Son style, plus discret que celui d’autres milliardaires, n’en est pas moins efficace pour orienter les politiques sectorielles en faveur d’un développement durable.
Saïd Alj le champion de l’industrie multisectorielle
Saïd Alj, à travers Sanam Holding, est l’incarnation du dynamisme industriel marocain. Moins médiatisé que certains de ses pairs, il contrôle pourtant un empire impressionnant allant de l’industrie du poisson (Unimer) à l’assurance, en passant par la distribution de matériel technique. Sa fortune s’est bâtie pierre par pierre, rachat après rachat, faisant de lui un spécialiste des fusions-acquisitions réussies. Saïd Alj a cette capacité rare de redresser des entreprises en difficulté pour en faire des leaders de marché. Son influence est particulièrement forte dans les régions côtières, où ses usines emploient des milliers d’ouvriers, faisant de lui un acteur social de premier plan.
L’apport de Sanam Holding à l’économie nationale se mesure aussi par sa capacité à exporter le savoir-faire marocain. Les produits issus de ses usines se retrouvent sur les tables du monde entier, contribuant ainsi à l’équilibre de la balance commerciale. Saïd Alj représente cette réussite industrielle qui mise sur la transformation locale des matières premières. Son parcours est une leçon de ténacité et de vision stratégique, prouvant que l’industrie reste un moteur de richesse indispensable pour le Maroc.
Les familles héritières et l’ombre du pouvoir économique
Au-delà des noms cités individuellement, le Maroc est également porté par des dynasties économiques dont l’influence est collective. Les familles Kettani, Lamrani ou Zniber (Groupe Diana Holding) possèdent des patrimoines immenses et gèrent des pans entiers de l’économie, de l’agriculture de luxe à la banque. Ces familles ne se contentent pas de gérer une fortune ; elles maintiennent un réseau d’influence complexe qui lie le monde des affaires à la haute administration. Cette interconnexion assure une certaine continuité dans les projets économiques nationaux et permet une stabilité bienvenue pour les investisseurs étrangers.
Le rôle de ces familles est crucial dans la transmission du savoir-faire et des valeurs entrepreneuriales. Elles investissent massivement dans l’éducation et la formation, créant des fondations qui soutiennent la jeunesse marocaine. L’influence de ces clans se manifeste aussi lors des grands forums économiques internationaux où ils agissent comme des ambassadeurs économiques du pays. Leur capacité à s’adapter aux nouvelles exigences de transparence et de gouvernance mondiale sera le défi des prochaines années, alors que le Maroc renforce son intégration dans l’économie globale.
L’impact social et philanthropique des milliardaires marocains
Posséder une grande fortune au Maroc s’accompagne souvent d’une responsabilité sociale tacite. La plupart des personnalités citées dirigent des fondations actives dans la lutte contre la précarité, l’accès à la santé ou le soutien à l’éducation. La Fondation BMCE d’Othman Benjelloun, par exemple, a construit des centaines d’écoles dans les zones rurales les plus reculées. Aziz Akhannouch, via sa fondation éponyme, intervient dans des projets de développement local et de soutien aux coopératives. Cette philanthropie n’est pas seulement un outil de communication ; elle est une composante essentielle du contrat social entre l’élite économique et le reste de la population.
Cette influence “douce” permet de pallier certaines carences de l’État dans les régions difficiles. Cependant, elle pose aussi la question de la dépendance de certains secteurs sociaux envers la générosité privée. Le passage d’une charité traditionnelle à un investissement social d’impact est la nouvelle frontière pour ces fortunes. En soutenant l’entrepreneuriat social et l’innovation technologique chez les jeunes, elles préparent le terrain pour une économie plus inclusive et moins inégalitaire. C’est là que réside leur véritable pouvoir de transformation sur le long terme.
FAQ — Les Fortunes du Maroc : Panorama de l’Élite Économique en 2026
Qui est l’homme le plus riche du Maroc en ce début d’année 2026 ?
En ce lundi 2 mars 2026, le classement des milliardaires marocains reste dominé par un duo historique, selon les dernières données de Forbes Middle East publiées en janvier dernier.
- Othman Benjelloun : Le doyen de la finance marocaine (Bank of Africa) occupe désormais la première place avec une fortune estimée à 1,9 milliard de dollars. Sa holding, O Capital Group, a bénéficié de la forte valorisation du secteur bancaire et des télécoms.
- Aziz Akhannouch : Le Chef du gouvernement et actionnaire majoritaire du groupe Akwa suit de près avec un patrimoine évalué à 1,6 milliard de dollars. Sa fortune a progressé grâce à la solidité des actifs dans le secteur de l’énergie (pétrole et gaz) malgré ses fonctions politiques.
Ces deux familles figurent parmi les plus fortes progressions de richesse dans le monde arabe sur les douze derniers mois.
Quels sont les secteurs d’activité qui génèrent le plus de richesse en 2026 ?
Le paysage de la haute finance marocaine s’est diversifié. Si les piliers traditionnels demeurent, de nouveaux relais de croissance ont émergé :
- Énergie et Gaz : Un secteur stratégique porté par la souveraineté énergétique. Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène restent des moteurs de cash-flow massifs.
- Banque et Assurances : La projection africaine des banques marocaines (Attijariwafa Bank, BCP, BOA) continue de nourrir les dividendes des grandes holdings.
- Tourisme et Événementiel : À l’approche de la Coupe du Monde 2030, les investissements dans l’hôtellerie de luxe et les infrastructures sportives créent des opportunités de valorisation inédites pour les groupes familiaux.
- Agro-industrie : Le secteur reste une valeur refuge, particulièrement dans l’exportation de produits à haute valeur ajoutée.
Quelle est l’influence réelle des grandes fortunes sur la politique en 2026 ?
L’influence s’exerce désormais de manière plus institutionnelle. En 2026, la symbiose entre le monde des affaires et la sphère politique est marquée par :
- Le profil des décideurs : La présence d’industriels au sein de l’exécutif facilite une vision “business-friendly” de l’économie, orientée vers l’attraction des investissements directs étrangers (IDE).
- La CGEM (Syndicat patronal) : Elle joue un rôle de co-législateur sur les volets économiques, notamment dans l’élaboration de la Charte de l’Investissement et des réformes fiscales de la Loi de Finances 2026.
- Le “Capitalisme Patriote” : Les grandes fortunes sont de plus en plus sollicitées pour porter des projets d’intérêt national (Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, reconstruction post-séisme, grands barrages), agissant comme des bras armés du développement économique de l’État.