Vivre au Maroc en 2026, c’est une idée qui fait son chemin dans la tête de nombreux Français, Belges ou Suisses en quête d’un autre rythme de vie. Le soleil quasi permanent, la richesse culturelle, la gastronomie généreuse et un coût de la vie réputé plus abordable qu’en Europe — sur le papier, tout semble réuni. Mais combien faut-il vraiment prévoir pour s’installer confortablement au Maroc ? La réalité est plus nuancée qu’on ne le croit, et les mauvaises surprises guettent ceux qui ne se préparent pas correctement.
- Le logement, premier poste de dépenses
- Nourriture : manger local ou à l’européenne
- Santé et assurance maladie
- Transport : voiture ou transports en commun
- Scolarité pour les enfants
- Activités, sorties et loisirs
- Budget mensuel confortable : ce que ça donne vraiment
- Budget haut de gamme : vivre sans se priver
- Les bonnes questions à se poser avant de partir
Cet article vous donne une vision claire, chiffrée et honnête du coût de la vie au Maroc en 2026, poste de dépenses par poste de dépenses.
Le logement, premier poste de dépenses
C’est souvent là que les expatriés ont les yeux plus grands que le portefeuille, surtout dans les grandes villes. À Casablanca ou Rabat, un appartement meublé de deux chambres dans un quartier résidentiel correct — Gauthier, Maarif, Agdal — se loue entre 6 000 et 10 000 dirhams par mois, soit environ 550 à 900 euros. Dans les quartiers plus prisés ou pour des prestations haut de gamme (piscine, gardien, parking), la facture peut facilement grimper à 15 000 dirhams, voire plus.
À Marrakech, le marché locatif est particulièrement tendu depuis la montée du tourisme de luxe. Une villa avec jardin en périphérie coûte entre 8 000 et 20 000 dirhams selon la surface et les équipements. Agadir reste plus accessible, avec des appartements corrects à partir de 4 000 dirhams. Et si vous visez des villes comme Fès, Meknès ou El Jadida, les prix tombent à 2 500–5 000 dirhams pour un logement spacieux et bien situé.
Conseil pratique : évitez les plateformes étrangères et passez par des agences locales ou des groupes Facebook d’expatriés actifs. Vous trouverez des offres bien meilleures, souvent avec des propriétaires qui acceptent de négocier — surtout pour des locations longue durée.
Nourriture : manger local ou à l’européenne
Le marché traditionnel, votre meilleur allié
Si vous adoptez les habitudes de consommation locales, votre budget alimentaire sera remarquablement bas. Les souks et marchés traditionnels proposent des fruits, légumes, légumineuses et épices à des prix très compétitifs : une tomate, c’est souvent 3 à 5 dirhams le kilo, des avocats à 10 dirhams les cinq. Une cuisine faite maison avec des produits frais locaux permet de s’en sortir à 1 500–2 500 dirhams par mois pour une personne, soit moins de 250 euros.
Quand on veut retrouver ses habitudes européennes
Le piège, c’est de vouloir reproduire exactement le même mode de vie qu’en France. Les supermarchés comme Marjane, Carrefour ou Label’Vie proposent des produits importés — fromages, charcuterie, vins, céréales de marque — à des prix parfois supérieurs à ceux pratiqués en Europe, en raison des droits de douane. Une bouteille de vin potable tourne autour de 80 à 150 dirhams, un camembert peut dépasser les 70 dirhams.
La plupart des expatriés trouvent un équilibre : produits frais locaux, quelques produits importés plaisirs, et restaurants de temps en temps. Un repas dans un restaurant marocain populaire coûte 30 à 80 dirhams ; dans un restaurant de style européen à Casablanca, comptez 150 à 300 dirhams par personne.
Santé et assurance maladie
Le système de santé marocain est à deux vitesses. Le secteur public existe mais reste peu recommandé pour des soins courants : les délais sont longs, les infrastructures inégales. Le secteur privé, en revanche, offre un bon niveau de soins, avec des cliniques bien équipées dans les grandes villes. Une consultation chez un généraliste privé coûte entre 150 et 300 dirhams, un spécialiste entre 300 et 600 dirhams.
Pour une expatriation sereine, souscrire une assurance santé internationale est indispensable. Les formules adaptées aux expatriés — comme celles de CFE, AXA Expatriés ou Allianz Care — varient entre 80 et 200 euros par mois selon votre âge, votre profil et les garanties choisies. Certains employeurs locaux proposent une mutuelle, mais elle couvre souvent de manière partielle.
Les médicaments sont généralement moins chers qu’en France pour les molécules génériques courantes. Idem pour certains actes dentaires ou d’optique, qui représentent une vraie économie pour les résidents.
Transport : voiture ou transports en commun
Se déplacer sans voiture
Dans des villes comme Rabat ou Casablanca, les transports en commun se développent. Le tramway de Casablanca est pratique pour certains axes, celui de Rabat également. Un abonnement mensuel de bus/tram revient à 200–350 dirhams. Les taxis petits (rouge) sont omniprésents et peu chers : un trajet en ville dépasse rarement 20 dirhams.
Avec une voiture
La voiture reste le mode de déplacement privilégié des expatriés, surtout pour les familles ou pour ceux qui habitent en périphérie. L’essence coûte environ 12 à 13 dirhams le litre en 2026 (sous réserve des fluctuations). L’assurance automobile tourne autour de 3 000 à 5 000 dirhams par an selon le véhicule. Le stationnement est souvent payant dans les centres-villes mais reste très abordable (2 à 5 dirhams de l’heure).
Scolarité pour les enfants
C’est souvent le poste le plus conséquent pour les familles expatriées. Les lycées français (relevant de l’AEFE) ou les écoles internationales bilingues pratiquent des frais de scolarité annuels allant de 30 000 à 80 000 dirhams selon l’établissement et le niveau. Les écoles marocaines privées francophones représentent une alternative moins onéreuse, entre 10 000 et 25 000 dirhams par an.
Le choix dépend de votre projet de retour en France, du niveau linguistique de vos enfants et de votre budget global. Cet item peut faire basculer un budget « confortable » en budget « serré » si l’on n’y prend pas garde.
Activités, sorties et loisirs
Voici un aperçu des coûts typiques pour les loisirs au quotidien :
- Abonnement salle de sport : 300 à 600 dirhams/mois
- Cinéma : 50 à 80 dirhams la séance
- Cours de surf à Agadir ou Taghazout : 150 à 300 dirhams la session
- Weekend à la montagne (Ifrane, Ourika) : 400 à 800 dirhams tout compris
- Sortie en restaurant gastronomique : 300 à 600 dirhams/personne
- Abonnement téléphone + data illimitée : 100 à 200 dirhams/mois
- Café au restaurant : 15 à 30 dirhams
Le Maroc offre une qualité de vie sociale très riche, souvent à moindre coût qu’en Europe. Randonnées dans l’Atlas, escapades dans le désert, week-ends à Essaouira — les expériences ne manquent pas.
Budget mensuel confortable : ce que ça donne vraiment
Pour une personne seule souhaitant vivre correctement sans se priver — beau logement, sorties régulières, alimentation variée, voiture — le budget mensuel tourne autour de :
12 000 à 16 000 dirhams par mois, soit environ 1 100 à 1 450 euros.
Pour un couple sans enfants, comptez 18 000 à 25 000 dirhams (1 600 à 2 300 euros). Avec des enfants scolarisés dans une école française, la facture mensuelle peut atteindre 35 000 à 50 000 dirhams selon le niveau de vie visé.
Budget haut de gamme : vivre sans se priver
Pour ceux qui souhaitent un appartement de standing dans un beau quartier de Casablanca ou une villa à Marrakech, qui fréquentent les bons restaurants, voyagent régulièrement et s’offrent du personnel de maison (femme de ménage, jardinier — respectivement 1 500 à 2 500 dirhams/mois chacun), le budget haut de gamme se situe entre 40 000 et 70 000 dirhams par mois pour une famille. Ce niveau de vie reste bien inférieur à ce qu’il coûterait en France ou à Dubaï pour un confort équivalent.
Les bonnes questions à se poser avant de partir
Avant de calculer votre budget, il y a des questions essentielles à trancher. Allez-vous télétravailler avec un salaire européen — ce qui change radicalement l’équation financière — ou chercher un emploi local ? Les salaires marocains sont en moyenne bien inférieurs aux standards européens, même pour des postes qualifiés. Avez-vous prévu un fonds de sécurité pour les premières semaines de transition ? Et avez-vous anticipé les frais liés à l’installation (caution, ameublement, frais d’agence) qui peuvent représenter 2 à 3 mois de loyer d’un coup ?