Oujda n’est pas Marrakech. Elle n’a pas la notoriété de Fès, ni l’effervescence de Casablanca. Pourtant, cette ville de l’Oriental marocain est en train de vivre une transformation silencieuse portée par une génération de créateurs de contenu, d’influenceurs locaux et de voyageurs connectés. Les réseaux sociaux ont changé la donne : ce qui était autrefois une destination de passage devient aujourd’hui une ville à découvrir, à photographier, à raconter. Entre patrimoine méconnu, gastronomie authentique et paysages à couper le souffle, Oujda se dévoile désormais sous un nouveau jour grâce à Instagram, TikTok, YouTube et Facebook.
- Une ville longtemps dans l’ombre médiatique
- Instagram et TikTok comme vitrines touristiques
- Les influenceurs voyage et leur impact réel
- Le rôle des offices de tourisme et des institutions
- Stratégies gagnantes pour les acteurs locaux
- Les défis et limites du tourisme social media
- Perspectives d’avenir pour Oujda
- FAQ — Réseaux sociaux et tourisme à Oujda
Cette mutation ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’une dynamique collective où habitants, offices de tourisme et visiteurs collaborent pour mettre en lumière les trésors cachés de la région. Dans cet article, nous explorons comment les plateformes sociales redessinent l’image touristique d’Oujda, quelles stratégies fonctionnent vraiment, et comment cette ville du bout du Maroc s’impose peu à peu sur la carte des destinations émergentes 🌍.
Une ville longtemps dans l’ombre médiatique
Pendant des décennies, Oujda a souffert d’un déficit de visibilité cruel. Coincée à quelques kilomètres de la frontière algérienne, loin des circuits touristiques classiques, elle est restée une destination confidentielle, souvent traversée sans être vraiment visitée. Les guides de voyage lui consacraient quelques pages seulement, les tour-opérateurs la négligeaient au profit de destinations plus bankables. Résultat : un potentiel énorme, mais une fréquentation touristique anémique.
Cette situation a commencé à changer vers 2018-2019, avec l’explosion des réseaux sociaux au Maroc. Selon les données de Hootsuite, le pays compte aujourd’hui plus de 26 millions d’utilisateurs actifs sur les plateformes sociales, dont une part importante de jeunes créateurs passionnés par leur région. À Oujda, des blogueurs, photographes amateurs et guides locaux ont commencé à partager des images du parc Lalla Aïcha, des montagnes des Beni-Snassen, ou encore du marché central avec ses étals colorés. Petit à petit, ces contenus ont trouvé leur public, attirant les regards sur une ville qu’on avait trop longtemps oubliée ✨.
Instagram et TikTok comme vitrines touristiques
Les réseaux sociaux ne se contentent plus de raconter des voyages : ils créent l’envie de partir. Sur Instagram, des comptes comme @VisitOujda ou @OujdaHeritage accumulent des milliers d’abonnés en publiant des clichés soigneusement composés : couchers de soleil sur les Zegzel, ruelles pavées du centre-ville, plats fumants de rfissa ou de madfouna. Chaque publication devient une invitation visuelle, un appel à découvrir ce que la ville a à offrir.
TikTok joue un rôle tout aussi déterminant, mais avec un angle différent. La plateforme privilégie l’authenticité, le spontané, le quotidien. On y trouve des vidéos de marchés animés, de rencontres avec des artisans, de dégustations de street food dans les souks. Ces contenus courts et immersifs touchent un public jeune (18-30 ans) en quête d’expériences vraies, loin des clichés touristiques. Certains créateurs locaux comptent désormais plus de 50 000 abonnés et collaborent avec des marques ou des institutions pour promouvoir la région 🔥.
Les hashtags jouent également un rôle clé dans cette visibilité. Des termes comme #Oujda, #OrientalMaroc, #VisitMorocco ou #HiddenGems génèrent des millions de vues et permettent aux contenus de se diffuser bien au-delà des frontières régionales. Les algorithmes favorisent les publications qui engagent, qui racontent, qui émeuvent. Et Oujda, avec son authenticité préservée, coche toutes les cases.
Les influenceurs voyage et leur impact réel
L’influenceur voyage n’est plus ce personnage inaccessible posant devant des monuments connus. Aujourd’hui, il s’agit souvent de micro-influenceurs (entre 5 000 et 50 000 abonnés) qui partagent leurs expériences avec sincérité et proximité. À Oujda, plusieurs d’entreeux ont contribué à changer la perception de la ville. Prenons l’exemple de Yassine, jeune photographe oujdi qui documente depuis trois ans les trésors cachés de sa région sur Instagram. Ses publications sur les grottes de Zegzel ou le marché de bétail de Sidi Yahya ont été partagées des centaines de fois, générant des commentaires enthousiastes et des demandes d’informations pratiques.
L’impact économique est mesurable. Selon une étude menée par le ministère du Tourisme marocain en 2023, environ 32 % des voyageurs de moins de 35 ans affirment avoir choisi leur destination après avoir vu du contenu sur les réseaux sociaux. Pour Oujda, cela se traduit par une hausse progressive des réservations d’hôtels, des visites guidées et des activités locales. Les riads et maisons d’hôtes, qui peinaient à remplir leurs chambres, affichent désormais complet certains week-ends, notamment lors d’événements culturels relayés massivement en ligne.
Les influenceurs agissent également comme des prescripteurs de confiance. Quand un créateur recommande un restaurant, un artisan ou un lieu précis, son audience le prend au sérieux. C’est ainsi que des adresses comme le café Nejma ou le restaurant traditionnel Bab Sidi Abdelwahab ont vu leur notoriété exploser après avoir été mentionnées par des comptes populaires.
Le rôle des offices de tourisme et des institutions
Face à cette dynamique portée par les réseaux sociaux, les institutions locales ont compris qu’elles ne pouvaient rester spectatrices. Le Conseil régional de tourisme de l’Oriental a lancé en 2022 une campagne digitale ambitieuse, baptisée “Oujda Autrement”, visant à promouvoir la destination sur Instagram, Facebook et YouTube. Budget modeste, mais stratégie intelligente : plutôt que de produire des vidéos promotionnelles classiques, l’office a choisi de collaborer avec des créateurs locaux et de valoriser du contenu authentique.
Résultat : des vidéos immersives tournées dans les montagnes des Beni-Snassen, des reportages sur les métiers traditionnels (poterie, tissage, maroquinerie), des interviews de restaurateurs passionnés. Ces contenus ont généré plus de 2 millions de vues en un an, un chiffre impressionnant pour une région longtemps méconnue. Les commentaires témoignent d’un réel intérêt, avec des voyageurs qui demandent des informations pratiques, des itinéraires, des recommandations d’hébergement.
Par ailleurs, des initiatives locales comme l’organisation de week-ends influenceurs ont permis de faire venir des créateurs de contenu nationaux et internationaux. Ces derniers ont partagé leur expérience en temps réel, publiant stories, reels et articles de blog qui ont contribué à accroître la visibilité de la ville. Certains de ces partenariats ont même débouché sur des collaborations durables, avec des créateurs qui reviennent régulièrement pour documenter l’évolution de la région 🏕️.
Stratégies gagnantes pour les acteurs locaux
Les hôteliers, restaurateurs et guides touristiques d’Oujda ont vite compris l’importance d’être présents sur les réseaux sociaux. Mais être présent ne suffit pas : il faut adopter les bonnes pratiques pour se démarquer dans un univers ultra-concurrentiel. Voici quelques stratégies qui fonctionnent particulièrement bien dans le contexte oujdi :
- Valoriser l’authenticité : les voyageurs en ont assez des photos retouchées et des mises en scène artificielles. Ce qui séduit, c’est le vrai, le brut, l’humain. Montrer la préparation d’un plat traditionnel en cuisine, filmer une discussion avec un artisan, partager les coulisses d’une journée de travail : autant de contenus qui créent du lien et de la confiance.
- Utiliser les stories et reels : ces formats courts et spontanés sont privilégiés par les algorithmes. Ils permettent de maintenir une présence régulière sans nécessiter de lourdes productions. Un simple reel montrant le lever du soleil sur le parc Lalla Aïcha peut générer des milliers de vues.
- Encourager le contenu généré par les utilisateurs : inviter les clients à partager leurs photos, à taguer l’établissement, à laisser des avis positifs. Ce bouche-à-oreille digital est extrêmement puissant et coûte bien moins cher qu’une campagne publicitaire classique.
- Collaborer avec des créateurs locaux : plutôt que de dépenser des budgets importants dans la publicité, mieux vaut investir dans des partenariats avec des influenceurs de la région. Ces derniers connaissent leur audience, savent ce qui fonctionne, et apportent une crédibilité que la publicité traditionnelle n’a plus.
- Répondre aux commentaires et messages : l’interaction est essentielle. Un voyageur qui pose une question en commentaire et obtient une réponse rapide et personnalisée a beaucoup plus de chances de concrétiser sa venue. L’engagement crée la relation, et la relation crée la fidélité.
Les défis et limites du tourisme social media
Malgré ces succès indéniables, le tourisme dopé aux réseaux sociaux comporte aussi ses zones d’ombre. Le premier risque est celui de la surfréquentation de certains lieux photogéniques. Si un spot devient viral sur Instagram, il peut rapidement être pris d’assaut par des visiteurs en quête du cliché parfait, au détriment de la préservation du site et de l’expérience des autres visiteurs. À Oujda, cela reste pour l’instant marginal, mais la vigilance s’impose.
Autre limite : la déconnexion entre image virtuelle et réalité. Certains voyageurs arrivent avec des attentes irréalistes, nourries par des photos trop retouchées ou des vidéos trop flatteuses. La déception peut être grande si la réalité ne correspond pas aux promesses digitales. C’est pourquoi l’authenticité doit rester au cœur de toute stratégie de communication.
Enfin, il y a la question de l’inclusion numérique. Tous les acteurs touristiques d’Oujda ne disposent pas des mêmes compétences ou moyens pour investir les réseaux sociaux. Les petits établissements, les artisans isolés, les guides indépendants peuvent se sentir dépassés par les exigences techniques de ces plateformes. Des formations, des accompagnements et des outils simples doivent être mis à disposition pour que personne ne soit laissé de côté dans cette révolution digitale.
Perspectives d’avenir pour Oujda
L’avenir du tourisme à Oujda passera inévitablement par une hybridation entre stratégies digitales et expériences réelles. Les réseaux sociaux continueront de jouer un rôle majeur dans la découverte et la promotion de la destination, mais ils devront être complétés par des investissements dans les infrastructures, la formation des acteurs locaux, et la préservation du patrimoine naturel et culturel.
Des projets sont déjà en cours : amélioration de la signalétique touristique, développement de circuits de randonnée dans les Beni-Snassen, création d’événements culturels réguliers (festivals de musique, foires artisanales, journées du patrimoine). Tous ces éléments nourriront la présence digitale de la ville et offriront aux visiteurs des raisons concrètes de venir et de revenir.
Par ailleurs, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies promettent de nouvelles possibilités. Imagine des visites virtuelles immersives de la médina d’Oujda, des applications de réalité augmentée pour découvrir l’histoire des monuments, ou encore des chatbots capables de répondre instantanément aux questions des voyageurs en plusieurs langues. Ces outils, couplés à une présence forte sur les réseaux sociaux, pourraient propulser Oujda dans le peloton de tête des destinations marocaines émergentes d’ici quelques années 🚀.
FAQ — Réseaux sociaux et tourisme à Oujda
Les réseaux sociaux sont-ils vraiment efficaces pour attirer des touristes à Oujda ?
Absolument. Les statistiques montrent qu’une part croissante des voyageurs, surtout les moins de 35 ans, découvrent leurs destinations via Instagram, TikTok ou YouTube. Pour Oujda, cette visibilité digitale a permis d’attirer de nouveaux visiteurs et de changer progressivement l’image de la ville. Les contenus authentiques et visuellement attrayants génèrent de l’engagement et se transforment en réservations concrètes.
Quels types de contenus fonctionnent le mieux pour promouvoir Oujda ?
Les contenus qui mettent en avant l’authenticité, le quotidien, les rencontres humaines et les paysages naturels sont ceux qui engagent le plus. Les reels courts sur TikTok, les stories Instagram immersives, les vidéos YouTube documentant une journée complète dans la région, ou encore les photos soigneusement cadrées de lieux méconnus : tous ces formats trouvent leur public. L’important est de rester naturel et de raconter une histoire.
Comment les petites entreprises locales peuvent-elles se lancer sur les réseaux sociaux ?
Commencer simplement est la clé. Pas besoin de budget énorme ni d’équipement professionnel. Un smartphone récent suffit pour produire du contenu de qualité. L’essentiel est de publier régulièrement, d’interagir avec son audience, et de montrer ce qui rend l’établissement unique. Des formations gratuites existent en ligne, et les offices de tourisme proposent souvent des accompagnements pour aider les acteurs locaux à se digitaliser.
Y a-t-il un risque de surfréquentation à cause des réseaux sociaux ?
Pour l’instant, Oujda reste une destination confidentielle et ce risque est limité. Toutefois, si certains lieux deviennent viraux, il faudra anticiper en mettant en place des mesures de régulation, de sensibilisation et de préservation. L’objectif est de développer un tourisme durable qui profite à tous, sans dégrader l’environnement ni l’expérience des visiteurs.