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Silicon Valley Maroc – le mag tech marocain > Blog > Espagne > Pourquoi l’Europe a tort de sous-estimer le Maroc
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Pourquoi l’Europe a tort de sous-estimer le Maroc

Bruxelles a voté sa résolution, Madrid a eu ses gros titres, et pourtant : à traiter le Maroc comme un simple voisin à discipliner, l'Europe se prépare une déconvenue stratégique.

Esteban - F.
Dernière mise à jour : 18 septembre 2026 15h18
Esteban - F.
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Pourquoi l'Europe a tort de sous-estimer le Maroc

Le Royaume n’est plus le partenaire junior qu’on pouvait sermonner sans conséquence. Il dispose aujourd’hui d’un réseau d’alliances tentaculaire, de leviers économiques concentrés et d’une position géographique qui rendent toute politique de pression européenne risquée — pour l’Europe elle-même.

Sommaire
  • Un carnet d’adresses qui déborde largement de Bruxelles
  • Même au sein de l’UE, tout le monde ne suivra pas Bruxelles
  • Le phosphate : une carte que personne d’autre ne possède
  • Une industrie de défense qui monte en gamme vite
  • La position géographique : la clé du détroit, littéralement

Un carnet d’adresses qui déborde largement de Bruxelles

Le Maroc a passé la dernière décennie à diversifier ses partenaires stratégiques, précisément pour ne plus dépendre d’un seul bloc.

Avec les États-Unis, la relation dépasse la diplomatie de façade : Washington a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2020, un accord de coopération militaire de dix ans est en vigueur, et le Royaume figure parmi les principaux clients d’armement américain sur le continent. Au moment même où l’administration Trump multiplie les tensions commerciales et tarifaires avec l’Union européenne, Rabat cultive une relation bilatérale directe et privilégiée avec Washington — un accès que l’Europe elle-même a de plus en plus de mal à préserver.

Avec Israël, la coopération est passée du symbolique au structurel : accords d’Abraham, comité militaire conjoint, transferts technologiques, et construction d’usines de fabrication de drones de combat sur le sol marocain — un privilège industriel qu’Israël n’accorde qu’à une poignée de partenaires dans le monde arabe.

Avec la Russie, la relation, ancienne de plus de 65 ans, reste solide malgré le contexte international : Moscou considère le Maroc comme l’un de ses tout premiers partenaires commerciaux en Afrique, avec des échanges bilatéraux qui se maintiennent malgré les sanctions occidentales visant la Russie. Coopération dans la pêche, présence d’industriels russes comme Kamaz, convergence affichée sur le dossier du Sahara : Moscou n’a aucun intérêt à voir Rabat s’aligner sur une ligne européenne dure, et le lui fait savoir.

Avec la Chine, le Maroc s’est imposé comme plateforme d’accès au marché européen et africain, attirant des investissements industriels majeurs dans les batteries et l’automobile, profitant de sa position hors-UE pour capter des capitaux que Bruxelles voudrait parfois filtrer.

Avec l’Inde, la coopération de défense s’est renforcée, notamment via l’implantation d’usines de véhicules blindés, qui font du Maroc un point d’entrée du savoir-faire militaire indien en Afrique.

Et sur le continent africain, à travers l’initiative atlantique pour les pays du Sahel et des investissements agricoles et bancaires massifs, le Maroc a construit une influence que la diplomatie européenne peine à concurrencer sur le terrain.

Même au sein de l’UE, tout le monde ne suivra pas Bruxelles

C’est le point que la résolution du Parlement européen occulte complètement : l’unanimité affichée à Strasbourg ne survivra pas au contact des intérêts économiques nationaux. La France, premier investisseur étranger au Maroc et premier partenaire commercial du Royaume, a bâti autour de Renault et de toute une chaîne de sous-traitance automobile un tissu industriel qu’aucun gouvernement français ne sacrifiera pour un texte symbolique voté à une majorité relative.

L’Allemagne, dont les équipementiers automobiles ont massivement délocalisé une partie de leur production vers Tanger et Kénitra, a le même calcul à faire. Même l’Espagne, pourtant à l’origine de l’offensive diplomatique, reste prise dans une interdépendance qu’elle ne peut pas rompre du jour au lendemain : ses agriculteurs, ses pêcheurs et une partie de son industrie textile dépendent directement de la coopération économique avec le Maroc, tout comme sa sécurité frontalière dépend de la coopération policière marocaine. Bruxelles peut voter ce qu’elle veut : ce sont les capitales, une par une, qui négocieront ensuite en fonction de ce qu’elles ont réellement à perdre — et beaucoup ont bien plus à perdre qu’à gagner dans un bras de fer avec Rabat.

Le phosphate : une carte que personne d’autre ne possède

C’est le levier le plus sous-estimé par les décideurs européens. Le Maroc détient environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate — la matière première indispensable aux engrais, donc à la production alimentaire mondiale. Via l’OCP, le pays représente à lui seul environ 31 % du marché mondial du phosphate et de ses dérivés, approvisionnant l’Europe, le Brésil, l’Inde et une grande partie de l’agriculture africaine.

Dans un monde où les tensions au Moyen-Orient ont déjà démontré la fragilité des chaînes d’approvisionnement en engrais, un pays qui contrôle une ressource aussi concentrée et aussi vitale n’est pas un partenaire qu’on peut se permettre de fâcher sans y réfléchir à deux fois.

Une industrie de défense qui monte en gamme vite

Le budget militaire marocain atteint des records année après année, et le Royaume ne se contente plus d’acheter : il construit. Usine de véhicules blindés avec l’Inde à Berrechid, centre régional de maintenance pour avions militaires à Benslimane avec Lockheed Martin, industrie naissante de drones de combat avec Israël — le Maroc diversifie volontairement ses fournisseurs (États-Unis, Israël, Chine, Russie, Turquie, Inde) pour ne dépendre d’aucun bloc unique, européen compris.

La position géographique : la clé du détroit, littéralement

Le Maroc contrôle la rive sud du détroit de Gibraltar, point de passage obligé entre l’Atlantique et la Méditerranée, et la porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest via son initiative atlantique pour les pays du Sahel enclavés. Toute politique migratoire, sécuritaire ou commerciale européenne vers l’Afrique passe, d’une manière ou d’une autre, par une forme de coopération marocaine.

Ce que l’Europe risque, concrètement, à sous-estimer tout ça

  • Une dépendance alimentaire mal négociée : fragiliser la relation avec le premier fournisseur mondial de phosphate au moment où la sécurité alimentaire européenne dépend déjà de chaînes d’approvisionnement tendues.
  • Une perte de levier migratoire : sans coopération marocaine active, l’Europe perd son principal partenaire opérationnel sur la façade atlantique et méditerranéenne.
  • Un partenaire qui se tourne ailleurs plus vite qu’on ne le pense : chaque pression européenne pousse mécaniquement Rabat à approfondir ses partenariats avec Washington, Tel-Aviv, Moscou, Pékin et New Delhi — des relations déjà bien installées, prêtes à absorber le vide laissé par une Europe distante.
  • Une unité européenne de façade : la résolution donne l’illusion d’un front commun, alors que la France, l’Allemagne et même l’Espagne ont des intérêts économiques trop lourds au Maroc pour appliquer une ligne dure dans les faits — Bruxelles risque de voter un texte que ses propres États membres videront ensuite de sa substance.
  • Une fenêtre de vulnérabilité transatlantique : au moment où l’Europe est déjà en tension commerciale avec l’administration Trump, elle prend le risque de pousser un partenaire stratégique du Sud directement dans les bras de Washington, qui ne demande que ça.
  • Une perte d’influence en Afrique : à mesure que le Maroc consolide sa position de hub vers le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, chaque tension avec Rabat éloigne un peu plus l’Europe d’un continent où elle est déjà concurrencée par la Chine, la Russie et la Turquie.
  • Un boomerang diplomatique : en s’appuyant sur une résolution non contraignante perçue comme disproportionnée hors d’Europe, Bruxelles risque de crédibiliser l’idée qu’elle agit par réflexe plutôt que par stratégie — une image qui ne joue pas en sa faveur dans les négociations à venir.
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Un commentaire
  • Mohamed dit :
    18 septembre 2026 à 16h52

    Loin des émotions factices… Parlons le langage des faits :

    L’Espagne occupe encore aujourd’hui des terres marocaines dont la superficie dépasse celle de Gaza, et son histoire porte la marque infamante d’avoir tué des milliers de Marocains au gaz toxique. Et il y a à peine quelques jours, elle s’est renforcée avec l’OTAN, a déployé sa flotte navale pour nous provoquer, et les voix de ses partis se sont élevées pour menacer de guerre, tandis que des manifestations éclataient dans ses rues, brûlant le drapeau marocain, les portraits de nos symboles nationaux et insultant le peuple marocain.

    Au milieu de tout cela, où étaient les « frères » du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ?

    Un silence assourdissant ! Nous n’avons pas entendu une seule voix offrir un soutien, même moral, au Maroc dans sa juste cause. Leurs chaînes et leur presse n’ont pas bougé pour informer sur nos terres occupées. Ils se sont assis à regarder, comme s’ils prenaient plaisir à voir le Maroc sous pression. Pire encore, le régime algérien a choisi de s’aligner sur l’Espagne et s’est engagé à la soutenir avec du gaz, par pure rancune envers le Maroc !
    Même au niveau populaire, nous n’avons pas vu une seule manifestation arabe contre l’occupation espagnole, ni une campagne de boycott de leurs produits ; ils ont ignoré nos souffrances et se sont contentés de suivre les matchs de « La Liga » tranquillement.

    En ce moment difficile, seuls des alliés clairs se sont tenus à nos côtés : les Émirats, l’Amérique, Israël, et la presse italienne qui a confronté l’Espagne à sa réalité de pays occupant, en plus de la solidarité de personnalités sportives et politiques mondiales.

    Et aujourd’hui, quand le Maroc, en tant qu’État souverain, a décidé de consolider ses relations avec ceux qui l’ont soutenu pour renforcer sa position, soudain, tous ces porte-parole qui nous avaient laissés seuls se sont réveillés ! Ils ont activé leurs chaînes endormies et se sont mis à donner des leçons et à distribuer des accusations, comme si l’intérêt du Maroc les préoccupait vraiment.

    Celui qui souhaite ta chute se taira quand tu reçois les coups, et t’attaquera avec férocité quand tu te relèveras et t’allieras aux puissants pour protéger ta terre. La vraie trahison, c’est d’abandonner le détenteur du droit dans l’heure de la épreuve !

    Répondre

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