Ursula von der Leyen vient de donner son feu vert à un projet qui pourrait bien changer la donne pour les entrepreneurs européens. Son nom ? EU-INC. Sa mission ? En finir avec le casse-tête administratif qui freine l’innovation sur le continent.
- Le problème : 27 pays, 27 bureaucraties différentes
- La solution : une entreprise européenne en 48 heures
- Une « 28e option » pour plus de flexibilité
- Des avantages concrets au quotidien
- Et pour les consommateurs ?
- Les prochaines étapes
- Un engouement déjà palpable
- Une participation 100% volontaire
- L’Europe peut-elle enfin rattraper son retard ?
Le problème : 27 pays, 27 bureaucraties différentes
Imaginez vouloir lancer votre start-up en Europe. Vous devez jongler avec 27 systèmes juridiques différents, autant de réglementations fiscales, et des procédures administratives qui varient d’un pays à l’autre. Résultat ? Beaucoup d’entrepreneurs européens perdent un temps fou en paperasse au lieu de développer leur produit.
C’est exactement ce constat qu’avait déjà fait Mario Draghi en 2024. Pour l’ancien patron de la BCE, cette fragmentation met l’Europe en position de faiblesse face aux États-Unis et à la Chine, où créer et développer une entreprise est bien plus simple.
La solution : une entreprise européenne en 48 heures
EU-INC promet une petite révolution. Présenté au Forum de Davos, le projet permettrait aux entrepreneurs de créer leur société en moins de deux jours, 100% en ligne, et de l’immatriculer dans n’importe quel État membre.
Mais ce n’est pas tout. Cette nouvelle structure offrirait :
Un cadre juridique unique : Plus besoin d’adapter votre entreprise à chaque législation nationale. Un seul ensemble de règles pour toute l’Europe.
Des levées de fonds simplifiées : Un régime de capitaux harmonisé dans toute l’UE pour faciliter le financement transfrontalier.
Un droit d’opérer partout : Créez votre entreprise une fois, et elle pourra exercer dans les 27 pays membres sans démarches supplémentaires.
Une « 28e option » pour plus de flexibilité
Attention, EU-INC ne viendrait pas remplacer les systèmes existants. Il s’agirait d’une option supplémentaire, une sorte de « 28e régime » que les entrepreneurs pourraient choisir s’ils le souhaitent. Vous préférez le cadre français ou allemand ? Pas de problème. Vous voulez la simplicité du système paneuropéen ? C’est possible aussi.
Des avantages concrets au quotidien
Recruter sans frontières
EU-INC introduirait un système unifié de stock-options et d’actions, applicable de la même manière à tous vos employés, qu’ils soient à Paris, Berlin ou Lisbonne. Fini les montages complexes pour rémunérer vos talents internationaux.
Se développer plus vite
Plus besoin de créer des filiales dans chaque pays où vous voulez opérer. Une fintech européenne pourrait proposer ses services dans plusieurs États membres dès le départ, là où certaines ont attendu plus de dix ans pour obtenir toutes les autorisations nécessaires.
Réduire les coûts
Moins de paperasse, moins de conseillers juridiques différents, moins de temps perdu. Les économies réalisées pourraient être réinvesties dans l’innovation et la croissance.
Et pour les consommateurs ?
Cette simplification devrait aussi profiter aux utilisateurs. Plus de concurrence entre entreprises signifie généralement des services plus accessibles, des prix plus compétitifs et une innovation accélérée. Le revers de la médaille ? Certaines autorités nationales pourraient voir leur pouvoir de supervision diminuer.
Les prochaines étapes
La Commission européenne devrait déposer une proposition législative dès mars prochain. Si tout se passe bien, EU-INC pourrait voir le jour en 2027.
Pour accélérer le processus, Bruxelles a décidé de contourner la règle de l’unanimité. Il suffira désormais qu’au moins 15 pays sur 27 donnent leur accord. Un choix stratégique pour éviter les blocages qui ont fait échouer des projets similaires par le passé, comme la Societas Europaea.
Le Parlement européen a déjà manifesté son soutien, tout en insistant sur l’importance d’intégrer des protections sociales et de préserver les droits des travailleurs.
Un engouement déjà palpable
Le projet ne part pas de rien. La pétition de soutien lancée en 2024 a récolté plus de 23 000 signatures, portées par des fondateurs, des investisseurs et de grandes entreprises tech européennes. De nombreuses organisations nationales de start-up ont également rejoint le mouvement.
Une participation 100% volontaire
Point important : personne ne sera forcé. Les États membres pourront choisir d’adopter EU-INC ou non. Les entrepreneurs resteront libres d’opter pour le système national ou européen selon leurs besoins. En cas de conflit juridique, les règles EU-INC ne s’appliqueraient qu’aux sociétés ayant choisi ce statut.
L’Europe peut-elle enfin rattraper son retard ?
EU-INC représente peut-être la chance pour l’Europe de créer un véritable écosystème startup compétitif au niveau mondial. Après des années de discours sur l’innovation, le continent passe enfin à l’action concrète.
Reste à voir si cette initiative tiendra ses promesses et parviendra à surmonter les obstacles politiques et administratifs qui ont fait échouer les tentatives précédentes. Une chose est sûre : l’Europe a besoin de ce genre d’initiatives pour ne pas se laisser distancer dans la course à l’innovation technologique.